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jeudi 28 février 2013

Berlin. Et une pâte à tartiner homemade


Allez je vous épargne le bulletin de santé. En contrepartie vous m'autoriserez un petit flashback: il m'est quand même arrivé quelques aventures gourmandes entre deux trachéites.

Décembre.
Un billet d'avion (merci aux gens de ma vie d'avant),
une envie d'entretenir une vieille amitié (d'avant avant),
une mission conforme à mes lubies de maintenant: traquer une street food qui n'a pas froid aux doigts.

Destination Berlin. Sans dinde (comme avant, Skype en plus).

J'ai pinné à donf sur cette terre inconnue avant de partir (à l'arrache, forcément).
Et puis j'ai quadrillé au fil de mes intuitions et des bons conseils des autochtones.
J'ai assumé mes clichés.


Je me suis laissée tenter par un vin chaud lovée dans ma petite balancelle perso.


J'ai mangé un nombre indécent de fois dans la même journée (mais presque immer bio).


J'ai traîné sur les marchés en pestant de n'avoir rien à acheter.


Alors j'ai remangé.


J'ai renoncé au plan au profit du google maps et me suis mise réfléchir en U7 et U5.


Je suis rentrée dans un livre d'histoire en traînant sur l'aéroport abandonné de Tempelhof.


Je me suis trémoussée avec des pandas gauchistes.



J'ai traqué le kebab bio (wirklich)


J'ai rêvé d'une ville où les mini-pouces circulent en draisienne sans autre danger que celui des embardées sur la neige.


Je me suis autorisé un petit remix à voix basse de "Ein zwei polizei".


Et puis j'ai eu droit à ma jolie rencontre. Sur les conseils de Melodream, suis allée faire un tour au tout frais Two two café, tout près de mon QG à Neukölln. Two: Tose, franco-japonaise venue rejoindre son amoureux à Berlin il y a sept ans; elle y rencontre Eri, venue du Japon avec son mari sculpteur. Les deux filles accrochent, ouvrent un blog commun et écument les cafés berlinois en imaginant à quoi pourrait ressembler le leur. La blague devient lubie au fur et à mesure que les projets professionnels de Tose, costumière lassée des allers-retours entre Berlin et Paris, tombent à l'eau.


Elles finissent par se lancer avec un bel entrain, et voilà, il existe ce joli endroit où on a envie de passer du temps au chaud et de papoter en anglais, en allemand, en japonais ou en français... Et l'on repart revigoré par leur douce énergie.
Two two café, Pannierstr. 6


Et pour fêter le retour à ma réalité, celles de journées où no way tu zappes le goûter, une pâte à tartiner qu'on sait ce qu'il y a dedans, et qui me fait délicieusement régresser moi aussi.

***Pâte à tartiner choco-cahuète, inspirée de l'excellent Fait maison des éditions Marabout***
150g de bon chocolat
150g de pâte de cacahuètes (Jean Hervé)
2 CS d'huile de noisette
2 CS de sucre glace
1 gousse de vanille
1 pincée de sel

Faire fondre le chocolat au bain-marie.
Gratter la gousse de vanille.
Mixer la pâte de cacahuètes avec l'huile, le sucre, la vanille et le sel, puis le chocolat.
That's all folks.
Verser dans des pots stérilisés si vous êtes hygiénistes et que vous croyez que vous allez pas tout tomber en deux semaines à deux et demi.

Si vous avez de quoi, une autre beaucoup plus classe ici, quand les moustaches chocolatées étaient encore loin...

dimanche 26 décembre 2010

Observation participante: la préparation à la naissance. Et de vrais bonbons de chocolat homemade



La glande subventionnée a donc un prix. Si tu veux être payée pour faire des macarons et aller à la piscine, difficile de te soustraire à la corvée des cours de préparation à la naissance. Un intitulé scandaleusement prétentieux: qui arrive préparée à la maternité? Genre "c'est bon moi je vais assurer je sors d'une bonne prépa"...?

Dans mon cours, deux autres parturientes, qui doivent à elles deux avoir pris facilement l'équivalent de mon poids initial. Une redoublante: deuxième enfant, césarienne programmée, moi je demanderais un mot pour sécher. Et une autre qui visiblement a pas fait exprès de se faire engrosser... Et oui, ici exit la pudeur: sur les ballons géants, on peut tout se dire... Et pendant que ta dinde s'agite in utero sur le thème "allez Maman, on va la faire, cette ganache", il te faut attendre poliment que ces demoiselles aient fini leur séance de psychologie de comptoir, les accouchements difficiles de la mère et de la soeur patin-couffin...

La seule confidence qu'elles auront réussi à m'arracher, c'est après un exercice de... "gestion de la douleur". En l'occurrence, une balle de tennis sous la hanche (ouille ouille ouille). Entre autres palliatifs, il fallait, bien sûr, penser très fort à un endroit agréable.
Et une fois que c'est fini et que les camarades ont regagné les matelas et se vautrent dans les coussins d'allaitement pour se remettre, "alors, vous vous êtes imaginées où, vous?"
Cocotte, un peu décontenancée, ravale un "mais qu'est-ce que ça peut te f..." et confesse timidement : "bah, dans les bras du papa".

Ce qui me paraissait évident ne l'était visiblement pas pour tout le monde. Grand moment de solitude. De la même manière, quand on te demande si ça va, ne surtout pas répondre "oui, super", tout en retirant tes talons et en cherchant un truc normal pour s'asseoir, genre une chaise. Enfin, surtout, ne pas rajouter "et toi?". De toute façon, tu t'en fous, et tu sais très bien qu'elle va te répondre qu'elle est fatiguée alors qu'elle doit en foutre dix fois moins que toi. Attendre que ça se passe, comme les cours d'histoire du 19e en vraie prépa, et penser qu'en sortant, après la démonstration de la poupée Corolle dans une cagoule, qui sort d'un coussin en forme de bassin, tu vas aller au magasin bio juste à côté acheter tes flocons d'érable pour le magnifique entremets réalisé à Noël.

Self-control beaucoup plus compliqué quand il s'est agi de la leçon propagande pour l'allaitement "l'alimentation de l'enfant". Se retenir, quand on t'explique que les enfants allaités ont un QI supérieur aux autres (!) de répondre que tu prends le risque, mais que bizarrement, tu es certaine que ta dinde sera plus maligne que le niard de ta camarade. Celle-là même qui demande le plus naturellement du monde, après le laius sur la "tétée de bienvenue" (oui oui): "Mais alors-euh, je serai tchorse nu?"

...

Allez, un petit exercice de relaxation ? J'peux pas, j'ai atelier chocolat...


*** Bonbons de praliné croustillant au chocolat au lait***

Pour ceux qui mordent encore sans savoir, le praliné c'est, classiquement, des noisettes caramélisées, puis mixées. Parce qu'on peut aussi faire de très jolies choses avec des amandes, des noix, de pécan, de macadamia, du Brésil, de Grenoble... Tiens, faudra essayer avec des cajou. Les torréfier préalablement leur apporte un petit plus. On mixe quatre-cinq secondes pour un praliné bien croustillant, mais on peut poursuivre le processus (en faisant des pauses hein, soyez cool avec votre robot) jusqu'à obtenir une pâte, l'huile contenue par les noix se libérant. Magique, non?

Noix prêtes à praliner

Cette fois, il y avait un mélange de noisettes et d'amandes, dans les 140g je crois. Même poids de sucre. Toujours. On enrobe quand le caramel est doré, on laisse refroidir, on concasse grossièrement, on mixe cinq secondes, on en laisse un peu dans le mixeur qu'on fait aller jusqu'à la pâte de pralin.

Pour des bonbons de chocolat, on fait une ganache en faisant chauffer 10cl de crème liquide, qu'on verse sur 250g de couverture lait (Jivara chez moi). On fouette, puis on ajoute le praliné, on mélange bien, on laisse refroidir.

On se frotte les mimines et on forme des truffes, qu'on enrobera ensuite dans 300g de couverture tempérée (bain-marie tout doux pour les deux tiers du chocolat, qu'on monte à 50°; on le fait redescendre en le versant sur le tiers restant dans un récipient froid -- de façon à redescendre vers 26° --, et on remet au bain-marie jusqu'à 30°C, la température de travail). Pour l'enrobage, deux fourchettes à fondue, ça fonctionne très bien pour des boules qui font un peu soirées de l'ambassadeur je vous l'accorde. Mais c'est Noël, et j'ai une dinde à livrer.

vendredi 29 octobre 2010

Où l'on s'enganache entre filles: tarte au chocolat, pâte sablée à l'huile d'olive


J'ai un peu peur de pas réussir à tenir un "10 bonnes raisons de vivre à Avignon, gnon", moi.
N'empêche que niveau chocolat, j'en ai déjà trois.


- La proximité avec Tain, le fief du grand manitou Valhrona, qui rend les retours de vacances moins tristes, quand il faut faire de la place entre les chaussures de ski et la tomme de chèvre pour caler quelques kilos de Caraïbes, Guanaja et autres joyeusetés.


- La présence de deux sympathiques femmes chocolat qui compense un peu la distance avec les boîtes vertes de Patrick (et les 12€ de frais de port qui vont avec, ça fait quand même cher la tablette de praliné, même pour assouvir une envie de femme enceinte).




Photos Ange Esposito




J'ai nommé Aline Géhant* et sa complice Laurence. Les deux femmes se sont rencontrées, excusez du peu, à la Maison du chocolat où Aline a officié quatre ans en labo. Laurence, elle, a été traductrice de cours de cuisine au Ritz avant de rejoindre Robert Linxe.


Z'étiez pas bien, les filles, rue du Faubourg St-Honoré? Beh il manquait à Aline son amoureux, enseignant dans la cité papale. Alors la jeune femme décide de descendre dans ce désert sucré, monter sa petite entreprise. Toute seule comme une grande tout d'abord: labo le matin, boutique l'après-midi, six jours et demi sur sept.


Laurence, grande fan de Patrick, l'a rejointe il y a quelques mois pour la vente et les ateliers.

Bon, je dois avouer que ça m'a rappelé des souvenirs de première de la classe... Genre la fille qui fait du zèle quand on lui explique qu'il faut laisser fondre pour faire venir les arômes: "Ouais, paraît même qu'il faut le coller au palais tout en soufflant"... En fait, j'attends toujours qu'on m'apprenne la technique. Mais j'ai révisé mes classiques, goûté du Madong, appris que la ganache était née par accident, une bêtise d'un apprenti ayant fait tomber de la crème dans le chocolat, et s'étant fait traiter de... ganache.
Je suis repartie avec des p'tits pots, et yop la boum des petites tartes.
Paraît qu'on éduque déjà le palais de ses enfants in utero, je prends ça très au sérieux...




*** Tartelettes au chocolat, pâte sablée à l'huile d'olive***
Pour la pâte
120g de sucre en poudre
250g de farine
100g de beurre
25g d'huile d'olive
1 oeuf

Tamiser la farine. Couper le beurre en petits morceaux, le travailler du bout des doigts avec la farine et l'huile jusqu'à former un sable grossier.
Creuser un puits, y mettre l'oeuf et le sucre. Mélanger rapidement. Former une boule, la filmer et hop au frigo au moins une heure.

Pour la ganache (la veille)
300g de crème fleurette
250g de Caraïbes concassé
1 gousse de vanille.

Fendre la gousse, la gratter au-dessus de la crème, faire bouillir, verser sur le chocolat, mélanger au fouet en partant du centre. Laisser reposer au frais (pour éviter les bulles).


Etaler la pâte, foncer les moules (pas trop épais), faire cuire à blanc 1/4h à 180°C. Laisser refroidir.
Réchauffer la ganache, verser sur les fonds de tarte en lissant bien le dessus. Mettre au frais sans rien dessus jusqu'au moment de servir.


Et oui ceux qui suivent, j'avais bien dit trois bonnes raisons chocolat... Lundi, je teste pour vous la Chocolaterie de l'opéra!



Ganache mangue-passion

*AG chocolatier, 15 rue des Trois faucons, Avignon.