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mardi 21 septembre 2010

Septembre, en attendant... Le Portugal, et une mousse toute douce tonka-mascarpone, melon rôti à la fleur d'oranger (big news inside)

Difficile de trouver une brillante accroche pour le billet-marronnier retour de vacances, surtout quand on arrive après tout le monde... Oui, parce qu'on est comme ça, nous. Juillettiste ou aoûtien, ça nous paraît d'un triste... Septembriste, c'est beaucoup plus engagé: comme les vieux, on fuit les niards braillards et le cagnard en trimant tout l'été, c'est beaucoup plus classe. Sauf que notre snobisme rencontrera d'ici 2014 un obstacle de petite taille (mais qui devrait avoir les traits plus doux que Nicolas 1er). Cocotte pondra une petite dinde début 2011.


Donc, en attendant de crouler sous les mazeltov et peut-être exploser le record de commentaires de ce modeste blog*, le Portugal.


Plus jamais à ce mot je ne penserai morue, mais bien plutôt pasteis.

Il y a un avant et un après ces petites choses-là (ça marche pour la ponte aussi, il paraît, je sais, merci). Avant, on lit des choses ça et là. Mais il faut vivre ce moment où on s'enfonce dans ce flan aérien, en même temps que ça croustille sur les côtés (oui, y a des choses qui s'arrangent pas avec les hormones...).

Le porto en revanche, du coup, je peux pas trop vous en parler. Juste que j'ai appris que ce n'était absolument pas du vin cuit, mais du gros rouge additionné de brandy. Les Anglais trouvaient le pinard un peu raide, à l'époque.

Un petit pasteis, pour la peine?
Ce peuple a vraiment la religion de la pastelaria. A mi-chemin entre café et salon de thé, on peut y prendre un espresso ultra-serré au comptoir en allant bosser, ou prendre le goûter entre mamies. Mais toujours avec un pasteis de nata. D'ailleurs on a testé d'autres pâtisseries, c'était très en-deçà.
Comme ces monstrueux faux croissants briochés... Etonnant de la part de gens qui par ailleurs maîtrisent aussi bien la pâte feuilletée...

En revanche, dans la série j'assume-mes-clichés-je-veux-aller-dans-la-carte-postale, j'ai eu droit à mon tramway jaune bringuebalant. Avec des vraies mémés dedans, et des gens qui font semblant de pas voir que tu couves.


Et des chats cabots, comme partout...



... et des tags rigolos


Pour les pasteis, je vous suggère d'aller faire un tour là.
En attendant de les maîtriser, une petite mousse toute douce et légère qui sent encore un peu l'été...





Pour 4 verres:
200g de mascarpone
2 blancs d'oeuf
1 CS de sucre
1 yaourt
fève tonka
1 petit quart de melon
1 CS d'eau de fleurs d'oranger
1 CC de miel

Battre les blancs avec une pincée de sel.

Fouetter le mascarpone avec le sucre, ajouter le yaourt, et râper un peu de fève tonka.

Mélanger délicatement les deux préparations, verser dans des verres et laisser prendre un peu au frais.

Avant de servir, découper quelques fines tranches de melon, les faire rôtir quelques instants de chaque côté à la poêle dans le miel, déglacer avec la fleur d'oranger. Déposer sur la mousse.


* Je prends le risque qu'ils diminuent encore et cède à la tentation de la page Facebook. Z'êtes fan (warf?) Cliquez dans la colonne de droite pour suivre mes élucubrations de plus près...

A part ça, certaines le savent, y a concours. De photo culinaire. Sur le thème du végétal. A gagner, un repas chez Passard, avant que je fasse des petits pots au potimarron...

On a droit à trois propositions, et comme j'arrivais pas à me décider...

La tarte aux carottes façon... Passard, remember.


Les radis plantés dans le pesto de courgettes (même billet très potager)...


... ou en salade girly, avec glace betterave-cranberries.

Wish me good luck!

jeudi 15 avril 2010

Le potager parle pour moi : la tarte aux carottes roulées façon Passard à la fève tonka, le sorbet carottes-pomme gingembre, et d'autres choses encore

Je... j'suis pas inspirée.

Je vous aurais bien parlé de la joie incommensurable (mais ô combien éphémère) que me procure ma victoire sur le K2 du linge à repasser, réduite à néant au fil de 42 épisodes de Plus belle la vie. Mais comment dire... J'ai pas de tag "Vis ma vie de ménagère", et puis bon voilà quoi.


J'aurais pu m'étonner que la sortie chez Nature & découvertes d'un parfum au yuzu et à la fève tonka crée pas plus le buzz chez les foodistas. Mais j'ai peur que ça n'intéresse qu'une infime partie de mon modeste lectorat, et que ça fasse fuir le reste.
Pour info quand même, on trouve aussi sur le net un savon au yuzu-que-c'est-bon-pour-les-peaux-stressées. N'empêche que le prix a de quoi faire perdre la sérénité: 80€ les 70g. Je vous parle même pas du gommage, qui vaut le prix d'un repas chez Noma. Au fait Cookie, c'est quand que tu nous racontes?!

J'aurais pu encore dégoiser sur la Louise, mais je suis pas encore allée voir le film, ce serait pas très fair-play (et c'est très sexy, le fair-play, paraît).


J'aurais pu vous parler de Passard, qui doit être très inspiré en ce mois d'euphorie dans le potager, mais j'y suis jamais allée... moi. Ni chez Le Bec, ni chez Sulpice, et encore moins chez Redzepi. Cookie c'est quand que tu racoontes? N'empêche qu'ils se sont tous invités chez moi (j'avais rangé la table à repasser et éteint la télé) pour ces petites recettes printanières qui, si elles ne rendent pas disertes, contribuent un peu plus à ce qu'on soit content d'être en avril. C'est déjà ça, comme dirait l'autre, qui nous sort un album autre titre qu'on-dirait-le-début-d'un-article-wiki. J'arrête, j'avais dit que je parlerais pas beaucoup...

Tarte aux carottes façon boutons de rose

L'humeur passardienne, donc. Pour les non-initiés, cet homme il est trop fort avec les fruits et les légumes, même qu'il fait des tartes avec des tranches de pommes roulées en boutons de rose, même que personne il sait comment il fait. A priori, avec les carottes c'est moins galère, mais euh comment dire... un peu, quand même. Si vous vous sentez pas, commencer par la version courgettes de Cookie-c'est-quand-que-tu-racontes?
Il y a aussi un peu de Jean Sulpice, qui lui fait des carottes toutes simples à la fève tonka, avec de l'omble chevalier.

4 feuilles de brick
1 dizaine de carottes
3 CS de ricotta
1/2 citron
huile d'amande douce (ou de pépins de raisin)
fève tonka
sel, poivre

Laver et éplucher les carottes. Faire des tranches les plus longues et les plus fines possibles. Au rasoir à légumes? N'y pensez même pas, j'y ai cassé le mien. Non, avec un bon couteau on se débrouille, sans se couper. Mais en faisant plein de chutes, parce qu'arrivée à la moitié de la carotte, c'est plus trop possible. Mais c'est pas grave, parce que vous pourrez faire d'autres choses avec (voir ci-dessous). Bref, faut le vivre. J'vous jure que ça se passe pas si mal que ça.

Les faire cuire à la vapeur, pas trop longtemps pour qu'elles gardent leur croquant, mais assez pour qu'elles puissent s'enrouler. Un quart d'heure, je dirais. Surveiller.

Mettre les feuilles de brick sur une tôle à tarte, badigeonner d'huile au pinceau, bien aplatir au milieu, faire cuire une dizaine de minutes à 180°C.

Battre la ricotta à la fourchette pour la détendre, ajouter un trait de citron, saler, poivrer. Répartir sur le fond de tarte.

Rouler les tranches de carottes et les planter dans la ricotta. Badigeonner délicatement avec le pinceau huilé, parsemer de fleur de sel et de tonka râpée. Repasser une dizaine de minutes au four.
Vous avez le droit de faire la maligne et de demander un massage à celui ou celle avec laquelle vous la partagez, parce qu'une petite douleur peut survenir au niveau des cervicales, quand même...


Glace pomme-carotte qui va bien

Ma première tentative de glace bonne pour le teint (et moins chère que le savon au yuzu) avait été un échec relatif. Cocotte têtue savait qu'elle n'en resterait pas là. Et devant toutes ces moitiés de carottes, s'est souvenue qu'elle avait une centrifugeuse. Bien lui en a pris: c'est comme ça qu'il faut la faire, la glace à la carotte. Avec du jus.

Du coup pour les proportions, c'est un peu freestyle, avec les carottes plus le jus d'une pomme on était à peu près à 50 cl. J'ai ajouté un peu de gingembre, et ce qu'il restait de la pomme après extraction. Pour le sirop, j'ai fait 60g de sucre/60g d'eau. J'ai ajouté un sachet de stabilisateur et bien laissé prendre au frais avant de passer en sorbetière.
Tip top. Ici avec de la neige de yaourt (un yaourt congelé, gratté à la fourchette), et des miettes de speculoos.

Avec le reste de carottes après extraction, j'ai fait les muffins du Cookie -- c'est quand que tu racoooontes? --. Même si oui, j'aime me perdre dans tes archives...


Crème de courgettes au basilic
Le Bec a bien fait d'aller faire un tour à Naples. Parce qu'il en a rapporté un truc auquel une gourdasse comme moi n'avait pas pensé. Pour ne pas avoir un truc lavasse, il faut presser les courgettes...

2 courgettes
1 branche de basilic
1 gousse d'ail
huile d'olive
sel, poivre

Laver les courgettes, les couper en gros morceaux. Saler, poivrer, faire cuire un peu à la vapeur (une dizaine de minutes). Laisser un peu refroidir, puis presser dans un torchon pour extraire le maximum d'eau. Mixer avec l'ail et le basilic, ajouter un peu d'huile d'olive.

Servir bien frais pour tartiner. Ou planter des radis comme Monsieur Redzepi (lui il fait ça dans de la terre constituée de pain noir et de fromage frais -- Cookie c'est quand que tu racooontes? --. Moi j'ai planté dans le gazon, parce que je trouvais ça joli aussi. Et c'est bon.

Pesto de fanes de radis

Enfin, sur le thème rien ne se perd tout se transforme je suis trop tendance, un pesto de fanes de radis. Les fanes lavées et grossièrement coupées, mixées avec une gousse d'ail, un peu de parmesan, un trait de citron, le tout monté à l'huile d'olive. Puissant.


Ah et si quand même, une petite info: la sortie prévue en septembre dans toutes les bonnes librairies tables d'un magazine qui s'annonce transcendant, allez donc zyeuter .

Et s'il vous reste encore des carottes, y a toujours le carrot cake, ou cette terrine printanière tout en légèreté...
Les courgettes, on peut aussi en faire des carrés à la brousse ou un joli carpaccio maintenant que vous êtes bien entraînée à faire des tranches très très fines...

mercredi 31 mars 2010

Le kamasutra appliqué, et un chutney de courge musquée

Je sens que je vais faire exploser mes stats, moi... -- et en décevoir quelques-uns arrivés là par Google (mais pourquoi taper "Cocotte" et "kamasutra"??), sorry vous ne verrez pas sur cet honorable blog de photos de la Cocotte en cuillère (au hasard) --...
C'est juste que ladite Cocotte, qui gardera ses positions préférées pour la sphère privée, merci -- après j'arrête de parler de moi à la troisième personne, promis -- a encore fait une grande découverte sur son iphone, merveille tactile décidément pleine de ressources: j'ai nommé l'application Kamasutra. Ah ça, y a vraiment une application pour tout sur l'iphone, comme dit la pomme...
Après tout, pourquoi pas? Y a bien un dico des vins, très pratique pour épater l'affreux: "Mais si, j't'assure mon chéri, l'Aloxe-corton c'est un monocépage"... Le préalable, c'est d'avoir admis que maintenant si exceptionnellement on n'a pas google sous la main on a toujours moyen de savoir puisqu'on a une encyclopédie qui tient dans la main -- et que ce sera compliqué d'expliquer à nos enfants qu'avant-c'était-pas-comme-ça, et je vous parle même pas de leur dire qu'on a connu le Minitel... OK j'arrête --.
Bref, le Kamasutra c'est comme Marx, tout le monde en parle mais très peu l'ont lu (c'était pas au programme à Sciences-Po, z'étaient réacs de mon temps, y avait même pas d'ateliers macarons). Donc, un mémo ça peut servir. Non parce que si j'vous dis Andromaque ça va, mais l'union de l'abeille, vous visualisez? INTERDIT DE GOOGLISER...
Je passe sur le design discutable, les mauvaises traductions et la difficulté de conserver le glamour si on veut vérifier où on doit mettre la jambe gauche sur le mode d'emploi. La fonctionnalité la plus étonnante, c'est qu'en ouvrant l'application (oui, je l'ai téléchargée, c'est comme la téléréalité, faut regarder pour en parler), on vous demande d'entrée si vous voulez activer le service de localisation. J'ai pas compris si c'était pour dire "Pas dans le bon sens. Même joueur joue encore", ou pour dire à d'autres amants connectés "Union de la pieuvre à 200 mètres, je répète: union de la pieuvre à 200 mètres"...
Angoissée, j'ai supprimé. T'façon, j'ai que 8 gigas, fallait que je fasse de la place à Hindi Zahra.

Chutney de courge musquée (et de pomme, et de carotte, et...)
Toute ressemblance avec celui du Cookie n'est pas une coïncidence. Je pourrais faire la maligne et dire que je l'ai customisé. Honnêtement, j'y ai surtout ajouté un petit côté vide-frigo qui va bien).

1 morceau de courge muscade
1 pomme rouge
2 carottes
1 demi betterave
1 oignon
15 cl de vinaigre
5 cl de mirin (vinaigre à sushi, en magasins asiatiques)
20cl d'eau
90g de sucre roux
1 petit morceau de gingembre
cannelle, curry, poivre, muscade, nigelle (mais vous faites un peu comme vous voulez)

Couper la courge, l'oignon, la pomme et les carottes en petits morceaux, mettre dans une casserole avec le vinaigre, le mirin, le sucre et l'eau.
Faire chauffer un bon 1/4h, ajouter le gingembre et les épices. Baisser et laisser blobloter sur feu doux une petite heure. Rajouter un peu d'eau au besoin selon la texture désirée.

lundi 15 mars 2010

Mes coiffeuses et moi, et la tentative gastro d'onze heures moins le quart: butternut, Saint-Jacques, sel au cacao, chips de betterave, citron confit

(Et le grand retour du salé on the blog. Parce que non, je ne mange pas que des panna cottas. Mais comme on dîne à l'heure où tout le monde dort -- notez la blagounette dès la deuxième phrase, ça commence très fort --, il fait un peu noir, et on a trop faim pour transformer le salon en studio photo. Donc les plats sont vite catalogués not bloggables. Je fais une exception, les photos sont un peu indignes, mais le plat était bankable, trust me).

A part ça, je voulais partager avec vous mon problème capillaire (oui, z'avez le droit de titiller la souris pour passer directement à la recette...) Mais ne vous inquiétez pas, c'est pas rapport à ce p... d'épi -- mes parents ont pas parfaitement géré le cocktail génétique, mais je leur en veux pas -- et à cette mèche rebelle qui doit pourtant impérativement couvrir cette p.. de bosse.

Mon problème concerne mes relations humaines délicates avec celles qui s'occupent de ma frange. Non parce qu'autant, la masseuse, c'est clair, tu lui parles pas, c'est pas l'idée. Autant la coiffeuse, en principe, elle parle. Et pas que de l'anatomie de mon front ou des trucs blancs, là, sur les tempes (ça j'ai du mal à en parler). Et ça fait au moins aussi mal à la tête que quand elle tire comme une folle en te faisant un brushing que tu vas tout défaire à peine sortie.

La coiffeuse a toujours été, vous le savez, une météorologue experte (bizarrement, sans jamais s'étendre sur le fait que ce p... de mistral, ça craint pour les cheveux). Aujourd'hui la crise en fait une macroéconomiste difficile à contredire.



Y en a pourtant qui y arrivent. L'affreux m'assure qu'avec lui, elle insiste pas. La méthode consisterait à répondre extrêmement froidement au premier constat météorologique, et la coiffeuse s'arrêterait là. Troquerait ses "ah, c'est dur en cemoment, hein?" contre quelques "un peu plus court là, M'sieur?". Imparable.



Moi, j'sais pas faire ça. Je suis bien embêtée de ne pouvoir invoquer la déformation professionnelle -- les gens ont toujours quelque chose d'intéressant à raconter tout ça tout ça -- pour me justifier. Et je suis bien obligée de reconnaître que là aussi, ça doit être dans mon patrimoine génétique, j'ai une très très grande capacité à causer météo avec des inconnus.


Et faut croire que j'aime ça. Car j'ai fait un étrange constat. Il y a pire qu'une coiffeuse qui ne s'arrête pas: une coiffeuse qui parle pas. Oui, j'ai vécu un grand moment de solitude sous les doigts d'une silencieuse. J'ai essayé la météo, zéro. La cuisine, avec mon Régal sur les genoux. Que nenni.


Nouveau marketing Biguine: oubliez tout ce que vous appris au Centre de formation aux conversations inintéressantes (cf Boulet). N'emmerdez pas les clients. Même s'ils essaient.


J'ai changé de salon. Raconté la glauquitude de ma dernière coupe à la brunette, sidérée. On a disserté sur la structure de nos franges respectives (j'adoore intellectualiser sur ce genre de trucs). Parlé de plein d'autres trucs vachement intéressants que je tairai ici. Savez, un peu comme les gens sympas dans le train. Tu peux leur raconter ta vie parce que tu les reverras jamais. Donc faut que je rechange la prochaine fois. C'est con, elle avait bien bossé, j'avais pas du tout l'air d'une pute à frange.



Alors, dans ces assiettes, y avait bien tout ce qui figure dans le titre, même si ça se voit pas sur la photo. J'ai évidemment pas tout fait d'un coup, je vous laisse vous organiser et gérer les proportions, sachant que ça peut faire plat principal ou entrée...



Chips de betterave



Eplucher une betterave crue, taillez comme vous pouvez des tranches fines avec un rasoir à légumes, ou avec votre mixeur, si vous avez une fonction pour ça. Les disposer sur du sopalin sans qu'elles se chevauchent (c'est important), en mettre un autre par-dessus et presser pour bien les essuyer. Les passer dans la farine et bien secouer pour qu'il n'y ait pas de résidus. Faire frire dans la friteuse ou à la poêle dans beaucoup d'huile bien chaude. Réserver sur un sopalin. J'ai pas salé, et j'ai pas franchement regretté.



Butternut



Elle figurait sous deux formes. En crème (sans crème, btw) et en tranches presque crues revenues dans de l'huile de sésame. Pas très intéressant à part pour le contraste des textures. Sinon, pour la crème, c'est comme dans la chicissime assiette de légumes du Cookie: cuit à la vapeur, salé poivré, écrasé à la fourchette, allongé avec un peu d'eau.

Saint-Jacques au sel & cacao

Les Saint-Jacques sont juste rôties dans une poêle avec un poil (warf d'huile d'olive), disposées sur la butternut bien chaude et saupoudrées d'un mélange de fleur de sel (au besoin un peu écrasée au mortier), et de cacao. Ici, des copeaux de bâtons kako martiniquais, sinon je pense qu'avec du cacao amer en poudre ça le fait tout à fait. Grave. J'avais vu ça chez Trish je crois. Sur les Saint-Jacques, ça fonctionne à merveille. Truly, madly...

Pour le reste, j'ai tenté un caramel avec l'eau de cuisson de la betterave, mais je peux pas en parler, je l'ai fait cramer.

Et si comme moi vous avez une belle-mère sur la Côte et des bocaux de citrons confits (au sel) à gogo, allez-y.

By the way, j'allais oublier une information de la plus haute importance. J'ai vaincu la pâte à choux. Mon nouvel ennemi, le fondant.

Et sinon, entendu à Deauville sur les télés retransmettant des images de Paris des chefs, William Ledeuil m'avait mis la puce à l'oreille avec son aïoli au gingembre. Je l'ai fait faire à un intégriste, c'est top mais c'est le nouveau sujet de désaccord après le yuzu.

Et dernière chose: cette photo a été prise dans le Sud de la France, le 10 mars 2010. Y a plus d'saison ma pov'dame, les coiffeuses ont raison...

mercredi 13 janvier 2010

Tempête sous mon brushing : mousse coco-chocolat blanc, sorbet carotte-coriandre et petits sablés au yuzu


Il fallait pas me laisser à la maison avec des congères me déculpabilisant complètement de passer quatre jours à cuisiner. Presque, hein: j'ai donc pelleté, mais aussi essayé de sauver des arbres et pris plein de photos à travers ma ville, pour envoyer aux gens du Nord qui ne m'auraient pas crue.

Mais j'en ai surtout profité pour faire des expériences pas toutes aussi heureuses, que je vous livre brutes ci-dessous, un peu comme des pistes pas damées (niark).

Sinon, la météo m'a aussi servi de caution morale pour acheter Elle. (Oui, j'ai besoin pour ça sinon d'un prétexte, d'un contexte). Et devinez qui y avait en une... Celle dont le péché mignon ce n'est ni les macarons, et encore moins les cupcakes, mais plutôt le reblochon. Encore un bon point pour Scarlett, diront les mâles qui aiment-le-glamour-mais-bon-y-a-des-limites. Elle aurait même déclaré, je vous le donne en mille, que rien ne comptait plus pour elle. J'ai d'abord cru à une extrapolation ou à une mauvaise traduction, mais non. Scarlett a bel et bien déclaré au très sérieux Observer (cher lecteur, apprécie mon bon quart d'heure de recherches pour vérifier cette info capitale) : "My greatest vice is cheese. Nothing else reigns over my life".

Moi qui pousse comme vous le savez désormais des gémissements équivoques face à un brie truffé, un Gaperon, un Stilton et autres joyeusetés, ça me laisse quand même perplexe. Principalement parce qu'à la place de ce pauvre Ryan, après la sortie de la miss sur son peu de foi dans la monogamie, je commencerais sérieusement à me poser des questions...
Ceci étant, ces informations capitales étrangement passées à la trappe n'ont absolument rien de nouveau, la révélation fromagère de ScarJo datant de décembre 2003, un temps où ce modeste blog n'existait même pas.


Non, dans le papier de Elle, aucune info. Parce qu'elle est comme ça, ScarJo. Même quand il se passe rien dans sa life, elle peut faire la une avec un énième papier sur le même angle: mais qu'est-ce qui fait donc que Scarlett est Scarlett...
Le plus beau marronnier de tous les temps. A côté, mes galettes des rois des Amicales boulistes font pâle figure, tiens. D'ailleurs maintenant, ce n'est plus dans les journaux qu'on pose les vrais questions mais sur les réseaux sociaux, c'est bien connu: sur Facebook, un groupe "Scarlett Johansson est parfaite mais sait-elle faire la ratatouille?" affiche 997 membres. Qui ignorent certainement sa soumission au lait caillé, et proposent une recette de ratatouille contestable. Mais qui posent une vraie question.


Sinon, y avait aussi de vraies réponses à la question des tendances food de 2010, ce qui me permet de dire que je n'ai pas acheté Elle pour rien. Et je sais grâce à Estérelle pour au moins un an. Parce que comme ça, quand l'affreux fait la grimace quand je lui dis yuzu ou sudachi, je pourrai le traiter de plouc avec une moue de starlette.



Mousse chocolat blanc-coco
L'occasion d'une découverte capitale: le lait de coco peut se monter comme de la crème fouettée. En revanche, le piment d'Espelette dedans, c'était une erreur.
Pour 4 verres:
200 g de chocolat blanc de bonne qualité
400 g de mélange crème liquide/lait de coco
piment d'Espelette (très) facultatif

Faire fondre le chocolat au bain-marie, monter la crème au batteur. Mélanger délicatement, verser dans des verres et faire prendre au frigo (c'est liquide au début, mais c'est normal).


Sorbet carotte-coriandre
J'ai été un peu déçue, mais n'arrive pas tout à fait à identifier pourquoi: carottes trop cuites, pas assez de coriandre, ou mauvais voisinage avec la mousse et son piment. Je persisterai dans ma quête, comme pour le poivron, parce que je suis sûre que ça peut le faire grave.
4-5 carottes épluchées et coupées en bâtonnets
100g de sucre
40 cl d'eau
quelques branches de coriandre


Dissoudre le sucre dans l'eau, porter à ébullition, jeter les carottes. Laisser confire 3/4h, puis refroidir. Mixer avec la coriandre. Passer en sorbetière.

Petits sablés au yuzu


50g farine de blé
100g farine de riz
60g de sucre
1 jaune d'oeuf
100g beurre mou
1 CS de jus de yuzu


Mélanger les deux farines, ajouter une pincée de sel et le sucre. Incorporer le jaune et le beurre, travailler jusqu'à l'obtention d'une grosse boule (au besoin, ajouter un peu d'eau). Préchauffer le four à 180°C. Fariner un plan de travail, étaler la pâte sur une épaisseur d'un bon centimètre. Découper les sablés avec un emporte-pièces ou des verres les disposer sur une plaque anti-adhésive, à défaut le lèche-frites graissé.
Parsemer de graines de sésame et enfourner pour une dizaine de minutes en surveillant.

vendredi 11 décembre 2009

The (presque) perfect carrot cake et la ville où le cochon est roi


Ceci n'est PAS le carrot cake de Rose Bakery, ni celui de Pierre Hermé, ni de cet excité de Jamie, auxquels je n'ai pas eu l'honneur de goûter. Mon référent en la matière, c'est plutôt celui de la Tate Modern (et ouais...). Celui-ci est inspiré d'Annabel Langbein, la jardinière glamour néo-zélandaise, à l'origine par le passé d'une transformation très heureuse de mes blettes. Son carrot cake que voici est un tout petit peu customisé par mes soins...

Oui parce qu'aussi bizarre que ça puisse paraître à nos amis d'outre-Manche (et Atlantique), il est des petites Frenchies fascinées par ce gâteau potager. Et non, nous autres, on n'a pas ça, comme il m'a fallu l'expliquer il y a quelques jours à un britannique épicurien. Va savoir pourquoi mon gars, mais les cuisses de grenouille que nous sommes, autant ils ont saisi tout, je dis bien tout le potentiel du cochon, autant râper des carottes ailleurs qu'à la cantine, ça leur est pas venu à l'idée...

Comme quoi les temps changent pas tant que ça: le British revendiquerait presque le monopole de la fusion food, mais ne comprend pas qu'au pays du feuilleté on s'extasie sur carrot cake, ginger loaf, cupcakes et autres joyeusetés.

Je ne gloserai pas sur un so-called complexe d'infériorité malgré cet air narquois -- à moins que ce ne soit l'inverse --, d'autant qu'une balade dans la capitale des Gaules met tout le monde d'accord: ici, on se fout pas du cochon, contrairement à d'autres...

Ce culte se manifeste par des nombreux portraits un peu partout comme l'oncle Hô dans le pays qu'avec le Cookie on aime bien.
Au fil des rues et des enseignes, impossible de l'éviter.
Même s'il y a bien un peu de concurrence bovine...
... et aviaire...
... et des tentatives désuètes de déconcentrer l'Anglais en lui faisant penser à son stilton bien-aimé...
... qui ne nous détourneront pas de notre destination: le mausolée à la gloire de l'animal à la queue en tire-bouchon...
Il est même sur les serviettes, que visiblement, on est censés mettre dans sa poche en partant!)
Je vous épargne la photo de mon demi-mètre de boudin, mais je suis tombée en admiration devant mon île flottante aux pralines.

Un peu de légèreté avant la quête du cervelas pistaché qui nous a coûté un bras, même si on s'est retenus face à ça:
... et ça.

Non parce qu'en cochon, on n'est pas très compétent, mais les gâteaux, on aime TROP les faire nous-mêmes. Et puis on s'est copieusement documenté au Books for cooks lyonnais, où on a même contracté des envies de cuisine moléculaire.

La détox, ce sera l'année prochaine. Merry Christmas everyone.

Petits (ou gros, d'ailleurs) carrot cake(s)


20 cl d'huile sans goût
5 cl d'huile de sésame
2 CS de sirop d'érable
4 oeufs
160g de farine complète
160g de farine blanche
2 CC de cannelle
1 CC de gingembre moulu
1 petit morceau de gingembre râpé
1/2 CC de muscade
1/2 CC de girofle écrasé
300 g de carottes fraîchement râpées
2 CC de bicarbonate
1 CS de jus d'orange


Pour le glaçage:
35 g de beurre mou
6 kiri
le jus et le zeste d'1/2 citron
290 g de sucre glace


Préchauffer le four à 160/170°C. Dans un mixeur, placer l'huile, les oeufs, les épices. Pulser. Ajouter la farine, le bicarbonate dissous dans le jus d'orange. Re-pulser. Ajouter les carottes (si si, ça tient!) et re-re-pulser.



Enfourner pour une heure, peut-être un peu moins pour des gâteaux individuels. Mais la cuisson est assez longue, il faut donc avoir recours à la bonne vieille technique de la pointe de couteau.



Laisser reposer. Pour le glaçage, fouetter les kiri pour les détendre (bah oui), ajouter progressivement le sucre glace, le jus et le zeste.



Attendre que le gâteau soit bien froid pour démouler et tartiner du glaçage, et garder dans un endroit pas trop chaud pour que celui-ci tienne bien. Ceci dit, en ce moment...

Sinon, j'ai croisé Le Bec. Et il m'a dit bonjour...

jeudi 22 octobre 2009

Fondant à la crème de marrons et glace au potimarron : ça va mieux en le disant

Aucune référence à Françoise Laborde, ça va sans dire (!). C'est juste qu'il y a des expressions, comme ça, que j'ai pas assez utilisées dans mon jeune temps. Pas de raison géographique. Depuis Lille, "j'te dis quoi", et je réponds "ça va" comme à Marseille. Pourtant, n'importe où, ça va mieux en le disant.



1. Que je suis effarée que Garance n'ait pas pris au sérieux ma menace capillaire. J'ai l'air de quoi, moi, maintenant? Non parce que des bouclettes à la Scarlett, je veux bien, mais pas trahir ma mère!

Pour m'avoir mis dans cette situation inconfortablissime (nécessitant une bravitude extrême), tu me dois un pain d'épices.

2. Que je commence à regretter de ne pas t'avoir offert ça plutôt que les gnocchis. La première qui approuve, je lui tire les cheveux.

Pour le fondant
400g de crème de marrons
3 oeufs
1 CS de farine (de châtaigne de préférence, c'est plus classe). Un peu plus selon la version choisie, voir ci-dessous

Pour le sorbet potimarron/cannelle
1 potimarron épépiné et cuit à la vapeur (ou à l'eau, of course)
1/2 litre d'eau
1 bâton de cannelle
125g de sucre (un peu moins si vous ajoutez de la poudre de glucose)
1 sachet de poudre magique, comme
(facultatif)

Le fondant... Version light (photo): mélanger la crème de marrons et les jaunes, battre les blancs et les incorporer, ajouter la farine, environ 2 CS pour que la pâte ne colle pas trop. Répartir dans les moules, attention ne pas trop remplir, ça gonfle copieusement. Enfourner pour une vingtaine de minutes, en surveillant.
Version comme-dans-les-Cévennes: mélanger la crème et les oeufs entiers, ajouter la farine. Une cuillère suffit. Augmenter un peu le temps de cuisson.

Devinez laquelle je préfère...

La glace: Faire un sirop avec l'eau et le sucre et la cannelle. Tourner jusqu'à ce que ça épaississe un peu. Laisser refroidir. Mixer le potimarron, ajouter progressivement le sirop, passer en sorbetière.


Et ben ça va mieux en le disant, je suis fière de cette glace.

Sinon, j'ai découvert en poireautant chez l'ophtalmo que Scarlett Johansson a un frère jumeau, qui ne ressemble à rien.

Ma souris m'a en outre mené vers de nouveaux favoris: la cuisine de Shoko, kawai-issime, Mélopapilles, qui a aussi une histoire avec les cucurbitacées, et Kalice, pro du pandan.
ça va mieux, tiens...

mercredi 14 octobre 2009

Gnocchis de potimarron ou comment Scarlett nous a roulés dans la farine (pour mon plus grand plaisir)

(Et que comme je n'ai pas les mêmes revenus qu'elle, j'aimerais bien gagner un beau robot. Ceci est donc ma participation d'enfant de la société de consommation au concours relayé par Garance). Sans scrupule aucun.


Scarlett, donc. Quelle ne fut pas ma terreur, à peine le pied posé sur le tarmac de Roissy. On commençait juste à s'adonner au plaisir retrouvé de l'espresso à deux euros et des journaux en français, quand j'apprends que la belle, dont j'écoutais déjà les duos avec Pete Yorn sur les routes vietnamiennes, s'est teint les cheveux.

M'est revenue immédiatement aux oreilles, par-dessus les délicieuses syncopes de Relator, cette phrase essentielle: "Franchement, j'aime pas les blondes, mais elle"...

Horreur, malheur, mais qu'est-ce que je vais devenir, moi, si Scarlett elle est brune? Regardez-moi ça, comme c'est la classe...

Mais Scarlett en brunette n'a pas passé l'Atlantique, et c'est blonde comme on l'aime (assez comme ça!) qu'elle est venue à Paris.



Sûrement qu'elle a compris que, comme ils disaient dans Next, de toute façon, Scarlett, même en brune elle reste blonde (Hitchcock Woody blabla).

En plus, elle sera dans Iron Man 2, avec Robert Downey Jr. Un fantasme chacun, et tout ira bien...


Gnocchis de potimarron au lait de coco et coriandre
1 potimarron, épépiné, coupé en morceaux (pas la peine de l'éplucher) et cuit à la vapeur (ou à l'eau)
400g de farine
1 oeuf
1 CS de parmesan
sel, poivre, muscade
1 boîte de lait de coco
coriandre fraîche


Passer le potimarron au mixeur. Le mélanger avec l'oeuf, assaisonner, ajouter le parmesan, puis la farine, progressivement (environ 300g). Il faut arriver à ce que la pâte ne colle plus à vos doigts.
Fariner un plan de travail, y déposer les petites boules que vous aurez formées avec vos petites mains bien farinées. Leur donner un petit coup de fourchette, éventuellement les laisser sécher quelque temps.


Cuire 4 minutes à l'eau bouillante pas trop salée, égoutter de préférence à l'écumoire.
Verser le lait de coco, réduit un peu à feu doux et assaisonné.
Parsemer de pluches de coriandre.




Sur les mêmes thèmes:
- mes relations compliquées avec les actrices, Emma de Caunes et un sorbet pêche-menthe mais c'est plus de saison
- des muffins au potimarron pour qu'il vous aime dès le matin
En matière de cucurbitacées, je renvoie d'ailleurs à l'excellent récap de Sacha.