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lundi 20 juin 2011

Le temps des cerises (part three). Une glace pandan/amarena, un risotto d'été. Et une histoire de croûton.

Elle nous a toujours laissé les meilleurs morceaux. D'aussi loin que je m'en souvienne, la souris de l'agneau, le sot-l'y laisse du poulet, dans cette famille, c'est pour le plus petit. D'ailleurs, je vous raconte pas le déchirement quand je me suis fait piquer ma place et ai commencé à voir passer sous mon nez l'objet de ma convoitise, à destination d'un cadet qui en était forcément moins digne que moi...

Le croûton, en revanche, ça a toujours été pour elle. Que de fois j'ai culpabilisé après lui avoir fait un sort en sortant de la boulangerie...

Je lui en sais gré, à ma mère, de m'avoir ainsi appris le bon goût ET l'abnégation, et continue à me plier à la tradition. Mais y a des petits malins qui bousculent nos repères...

La baguette lapin ou la paix des familles nucléaires

A part cette découverte bouleversante, je vous ai concocté une petite glace moins fraîche et légère que la précédente, avec des cerises pas de chez Tiuscha cette fois, mais des amarena, l'association avec le pandan m'ayant été soufflée par le Cookie of course...


*** Glace pandan-amarena***
4 jaunes d'oeuf
125g de sucre
25cl de lait
20 cl de crème
pandan (pour mémoire, la méthode de l'extraction ici)
cerises amarena

Fouetter les jaunes avec le sucre jusqu'à le mélange blanchisse.
Faire chauffer le lait. Verser sur le mélange jaunes-sucre, remettre sur le feu et continuer de fouetter jusqu'à ce que le mélange épaississe. Ajouter la crème, mélanger et bien laisser refroidir, plusieurs heures au fridge, c'est important par les temps qui courent.
Passer en sorbetière, ajouter une bonne cuiller d'amarena quand ça a déjà un peu pris, qu'elles ne soient pas broyées par les pales.

ça, c'est un risotto pour les jours de mistral, que vous pouvez retrouver ici.

ça, c'est un doux pique-nique déjà bien lointain. Nous sommes en juillet à Avignon, la dinde court les pestacles plus ou moins jeune public entre des petits pots pâtisson-coriandre et pêche plate-curcuma. Et moi je peux même plus manger de glace avé les deux mains sur la poussette... L'été sera chaud, qu'ils disaient... See ya sous le parasol!

dimanche 5 juin 2011

Le temps des cerises, part two. Sorbet cerise-sauge, et le manuel du bobio


J'ai le complexe de la foodista. Si j'adore découvrir des produits, j'ai hoooorreur d'avoir l'air d'une bleue dans les boutiques (oui, nous autres ne sommes pas à un paradoxe près). A part chez mon ami Ali, où, étudiante marseillaise je me lançais dans de drôles d'aventures épicées.
Genre demander à l'Asiat' qui te mate du fin fond de l'arrière boutique où sont les-feuilles-parfumées-mais-si-tu-sais-avec-lesquelles-on-fait-l'extrait-pour-les-desserts (y a que comme ça qu'on se comprend), j'adore.
Mais aller voir la femme aux chaussettes de chanvre parce que tu ne sais plus si l'orge de ton risotto tu le veux perlé ou mondé, ça m'énerve.

Si tu es comme moi, sache que le Bio book peut t'aider. Sur le même principe que le Tang book, 80 produits plus ou moins bizarres en début d'ouvrage, avec la photo pour que t'aies plus l'air con à la coop', un petit topo et des idées d'utilisation. Et accessoirement, bien, sûr, des recettes de Jean-François Mallet; ça vaut le prix d'un germoir et c'est au moins aussi utile, moi j'dis.

La recette qui n'a rien à voir avec le tofu?

***Sorbet cerise-sauge***
Minute prévention avant les proportions (oui je sais, faut que j'arrête avec ça, je vais faire un effort, j'ai plus de cerveau soyez indulgents). Pour une fois, c'est ptet bon pour celles et ceux qui n'auraient pas encore de sorbetière: grande quantité de sirop/petite quantité de cerises = parpaing dans le congélo. Mais tu le gratouilles avec ta fourchette et tu obtiens un formidable granité, et après tout, pourquoi pas, tiens.
Sinon, tu inverses le rapport et tu obtiens un vrai sorbet que tu peux faire des belles quenelles avec (et tu me préviens).

1 kilo de cerises dénoyautées (thks again Tiuscha!)
2 branches de sauge
100g de sucre

Mixer les cerises de façon à obtenir la purée la plus fine possible.
Diluer le sucre dans un litre d'eau, faire chauffer jusqu'à ébullition, laisser deux-trois minutes, jeter la sauge et laisser infuser jusqu'à complet refroidissement.
Mélanger avec la purée et laisser reposer tout ça au frais avant de passer en sorbetière (ou pas, du coup).

Servi ici avec un petit tartare de fraises à l'huile d'olive, et des meringues au pandan.



(Photos lomoïsées pour cacher la misère).

dimanche 1 mai 2011

Il est un sens qui n'en finit jamais de s'éveiller. Epatés par la Kitchen Galerie. Et une nouvelle glace bizarre

La dinde a goûté la carotte. Et a kiffé. Vous imaginez aisément ce que ce micro-événement a pu nous procurer comme satisfaction.

Nous, on est allés se diversifier chez Ledeuil. Histoire de fêter mes trois dizaines sans qu'un gentil serveur me demande si vraiment, un verre de blanc ou vous êtes sûre, pour la seiche? Top le service de Ze Kitchen Galerie, btw. Cool mais classe, classe mais cool, tout comme j'aime.
Dans l'assiette?

Encornet à la plancha. Joli contraste des textures, avec ces corolles de radis noir. C'est bon, très bon. Mais ça a l'air vachement plus intéressant en face.

Tartare de daurade, mangue, écume de tarama.

Pour le plat, c'est moi qui ai fait le bon choix: pigeonneau, betterave, tamarin. Grosse claque. C'était pourtant pas gagné d'avance. La betterave, je cours pas forcément après (mais j'ai le goût du risque, et je me doutais bien qu'ici ça le ferait). Mais la viande rose, ça m'est difficile.
J'ai plongé, j'ai été envoûtée.

Ce qui est marrant, c'est que je ne suis pas sûre qu'avec la même assiette, ma voisine ait mangé la même chose que moi. Ni fait mumuse comme ça avec la sauce, ça c'est sûr. Ces assiettes si soigneusement composées, c'est un peu une partition que tu t'appropries. Un coup tu emmènes ce voluptueux pigeon se frotter avec le tamarin, un coup tu ondules dans la sanguine betterave... C'est normal que j'aie un instant pensé à Dexter?
Je pourrais aussi filer la métaphore sur la peinture, le chef est amateur d'art blabla, c'est comme une palette et à la fin t'as ton tableau (que tu niques en sauçant tellement c'est bon). Mais c'est tout sauf contemplatif.

En face, une autre déclinaison de cuisson, avec du porc ibérique; ça a l'air ludique, mais ça bouscule moins.
Quant aux desserts, je les avais ptet trop fantasmés. Le cappucino fraise wasabi, je m'en lasse un peu, malgré une glace à la pistache à se rouler par terre. C'est frais, comme un nuage, mais c'est un peu cotonneux pour moi.

Passe à ton voisin. En échange d'une espèce de catamaran (non?) qui t'emmène beaucoup plus loin: c'est doux et ça pique, ça fond et ça croustille (cette meringue au wasabi...).

Thanks so much, darling. Quand est-ce qu'on met l'enfant à la citronnelle?


*** Glace aux haricots rouges, rhubarbe, grué***
Cette nouvelle glace bizarre (mais pas tant que ça) est rescapée d'un repas tex-mex, où évidemment j'étais en charge du sucré et où évidemment je me suis bien amusée: il y avait aussi de la glace à l'avocat, une divine mousse au chocolat pimentée, des babas à la tequila...
Plus rien de présentable. Mais la glace, j'en avais fait un parpaing (oui faut la sortir loooongtemps avant, sachez-le).

J'ai fait la pâte de haricots rouges moi-même car dans mon bled on n'en trouve pas. Avec des azukis:-) La méthode chez la Mangue, avec quelques précisions: une nuit plus une journée c'est pas du luxe, et la cuisson c'est plutôt trois heures et demie. Moi comme j'ai un robot qui chauffe (et une maman formidable), j'ai fini de cuire dedans; c'est dur, ces petites bêtes.

Pour la glace j'ai fait pareil qu'elle, en allongeant avec un peu de lait de coco. Le jaune, on peut s'en passer.

La rhubarbe, je l'ai faite compoter bien épluchée, en petits bâtonnets (2 branches, 2 CS de sucre, un peu d'eau). Il faut qu'elle soit tendre mais se tienne. Et évidemment, de la rose, c'est mieux...

Parsemer de grué.

Croyez-le ou non, mais derrière le chili, ça apaise...




A lire, une autre gourmande comblée, là.

jeudi 7 avril 2011

The best spring ever. Glace à la moutarde et autres armes anti-baby blues

ça a commencé comme ça. Un rayon de soleil pas comme les autres entre comme un bazooka dans le salon, faisant grimacer l'enfant. (Va pourtant falloir t'habituer ma fille, c'est comme le mistral et l'odeur de l'ail sur nos doigts, t'y couperas pas, t'es du Sud...).

Et puis il y a les fraises qui débarquent sur les étals. A peine le temps de pester contre les trucs en plastique venus du Maroc et d'Espagne que gariguettes et ciflorettes débarquent, éclipsant mes amis potimarrons et autres topipi.

Oublié de vous dire la dernière fois, les tubercules sont devenus nos meilleurs amis pendant cet hiver de diète gourmande, puis de repas familiaux. Zappant l'étape épluchage, l'affreux les a balancés direct dans le four. A la sortie, du croustifondant franchement réjouissant.

Depuis qu'on est tombés à quatre biberons, l'économe a repris du service. Les ultimes topinambours de la saison, ils ont fini en crème, avec un trait de lait de coco, tandis que les pluches ont constitué la base d'un puissant bouillon. A refaire dès leur réapparition. Quand la dinde aura des dents, quoi.


N'empêche que malgré les rappels à l'ordre des saints de glace et autres rabats-joie, c'est son premier printemps.

Autres signes qui ne trompent pas: les pollens qui dansent et la voiture qu'on dirait saupoudrée de curcuma chaque nuit (les cyprès, autre calamité méridionale).

Le chat qui reprend son régime lézards, avec cette cruauté puérile qui me fascinera toujours. J'ai vraiment que ça comme solution, pour vaincre ce p... de dernier kilo??

Les couches qui sèchent au vent. Oui parce que tant qu'à marronner dans les allées du supermarché -- trop bien la poussette, on a enfin un interlocuteur sur l'absurdité des fèves du Maroc (un peu de patience, bordel!...) ou l'ail d'Argentine (alors là j'ai pas compris) --, on va aussi essayer de limiter l'empreinte de ce côté. D'autant que M. Pampers, il ne daigne même pas nous dire où il les fabrique, ses couches. Encore plus étonnant, la composition n'est indiquée nulle part...
Le prétexte était donc tout trouvé pour flanquer les fesses de ma fille de merveilles girly: imprimés japonisants Made in Normandy here ou luxe minimaliste à la Erès there (thanks Mum!).

Bref, c'est le printemps, et bientôt on laissera ses petites rangées d'enokis à l'air!

D'aussi loin que je me souvienne, enfant, ado, et même ensuite étudiante and now mummy, le repas signalant le printemps, c'est une ventrée d'asperges et de fraises. Avec de la mousseline (comme un mayo à laquelle on incorpore les blancs battus, pour plus de légèreté voluptueuse), des oeufs mollets et du beau jambon. Depuis quelques années (le Cookie m'a contaminer), avec un oeuf à 65°C et de la glace à la moutarde.
Passard utilise la moutarde d'Orléans, moi celle de Reims. La Clovis, ça s'invente pas, hein?
On peut évidemment être moins snob et opter pour la bonne vieille Bourguignonne, hein. Mais on n'aura pas la finesse du vinaigre de vin de Champagne, fatalement...

La recette est la même que là, où je vous invite à aller voir d'autres joyeusetés printanières...

*** Glace à la moutarde***
25cl de lait
25cl de crème liquide
5 jaunes d'oeufs
1CS de miel (de Champagne, tant qu'à faire...)
3CS de moutarde

Faire frémir le lait, la crème, le miel, verser sur les jaunes préalablement battus. Remettre sur le feu et fouetter jusqu'à ce que le mélange épaississe. Laisser refroidir (important) et ajouter la moutarde. Mélanger et placer au frais, avant de passer en sorbetière.


A part ça? Un cheesecake cédrat-kinako pas pris en photo, une crème d'asperges au sésame à tomber (je vous la refais), une résa chez Ledeuil, un millefeuille au Millefeuille...
Vivement la diversification.


mardi 27 avril 2010

Putain, trois ans. Glace betterave-cranberries et salade de radis

(La photo qui n'a rien à voir...)

J'ai encore raté mon anniversaire. Faut être un peu con pour rater pareille occasion d'autocélébration. Ou plutôt de ce double qui m'apporte tant de joie, né il y a trois ans. Sans tambour ni trompette -- je savais pas encore comment mettre de la musique sur son bloug --, sans explication, même. Après des heures passées sur tellement de pages admirables, je voulais juste entrer dans la danse. Sur la pointe des pieds. Juste parce que je pouvais plus profiter de ces délicieux billets sans offrir moi-même mes modestes recettes.

Je pensais pas avoir des commentaires aussi vite, notamment de filles que j'admirais admire tant...

Je ne pensais pas que plus qu'un carnet virtuel de ce que m'a appris ma mère, ça deviendrait la vitrine de mes élucubrations nées d'enrichissantes lectures...

Je pensais pas recevoir des recettes de lectrices dont certaines que j'ai toujours pas expérimentées et publiées, sorry...

Je pensais pas que ça deviendrait l'ultime atout séduction...

Je pensais pas que je m'arracherai les cheveux sur le langage html...

Je pensais pas manger froid des trucs censés être chauds parce que "non attends, celle-là elle est pas terrible, faut que j'en fasse une mieux quand même"...

Je pensais pas envoyer des mails à des inconnus pour leur donner des conseils sur la sauce au caramel...

Je pensais pas embaucher un fidèle pour façonner des gnocchis violets.

Je pensais pas coacher une Parisienne pour trouver des pralines roses...

Je pensais pas faire 16 stations de métro pour faire découvrir le matcha à une amie, tant qu'à faire, façon Aoki...

Je pensais pas chercher à toute vitesse un rayon de soleil dans la maison pour prendre une photo de plat avant de partir bosser.

Je pensais pas recevoir des propositions de partenariat à la mord-moi-le-noeud de vendeurs de tireuse à bière...

Je pensais pas bénir et maudire Facebook dans le même temps. Bénir pour avoir démasqué qui se cachait sous des pseudos rigolos. Maudire pour remplacer les commentaires on-the-bloug par des "j'aime"...

Je pensais pas rougir quand les gens nous regardent avec des yeux de merlan frit au resto parce qu'on a l'objectif qui trempe presque dans l'assiette...

Je pensais pas qu'Apple inventerait une telle merveille qui me permet de raconter des anecdotes de pseudo-geekette, noter discrètement que Saint-Jacques-lapsang-souchong-ça-doit-être-pas-mal-comme-association-faudrait-essayer, et vérifier de n'importe où si j'ai pas de nouveaux commentaires (oui parce qu'on s'en lasse pas, hein... à bon entendeur...)

Je pensais pas aller à Deauville pour m'extasier sur des bols en peau de poisson...

Je pensais pas faire d'aussi chouettes rencontres...

Je pensais pas que je me mettrai à macaronner...

Je pensais pas me gausser devant mes stats en m'apercevant que j'ai un visiteur au Brésil...

Je pensais pas regarder (sur mon iphone) si y a moyen de prendre un vol Ryanair pour aller manger des rouleaux de betterave confite au sureau à Malmö...

Je pensais pas que je m'achèterai un taille-crayons à légumes...

Je pensais pas régulièrement repeindre ma cuisine en vert pandan...

Je pensais pas avoir une étagère qui se déforme sous le poids de mes livres de cuisine...

Je pensais pas que je marronnerai quand les invités ne laissent pas de quoi faire une photo le lendemain...

Je pensais pas corriger des proportions entre deux assemblées générales boulistes...

Je pensais pas que je ferai moins de commandes à La Redoute que chez Nishikidori, et que je trépignerai d'impatience comme une gamine à La Poste avant de déballer sésame noir, jus de yuzu et autres foodisteries...

Je pensais pas regretter de plus habiter Paris et de pas pouvoir manger chez le Frenchie avec mes copines...

Je pensais pas craindre que la voisine me surprenne dans des positions indécentes à faire la mise au point sur des muffins tout chauds...

Je pensais pas faire un jour des photos à peu près dignes et avoir un album flickr.

Je pensais pas écrire sur des post-it une liste de glaces bizarres et faire des blind tests aux copains...

Merci, Cocotte, t'as bien fait de venir.


***Glace betterave/cranberries, salade de radis***

1 betterave cuite
10 cl de sirop de cranberries (y en a chez Ikea, pas besoin d'aller à Malmö)
poivre blanc
1 sachet de stabilisateur
1 botte de radis
vinaigre de riz
huile d'olive
persil
sel, poivre

Pour la glace: passer la betterave à la centrifugeuse, récupérer le jus et la chair mixée fin. Sinon on peut la passer au mixeur, mais j'imagine qu'à ce moment-là il faut augmenger la proportion de liquide.
Diiluer le sirop dans le double d'eau (ou un peu plus), mélanger, poivrer un peu, ajouter le stabilisateur et bien laisser refroidir au frigo. Passer en sorbetière.

Couper les radis en rondelles fines, assaisonner. Répartir dans des coupelles avec une quenelle de glace par-dessus.

Sans Cocotte, je crois pas non plus que j'aurais pris de photos yes mes laitues naissent...


jeudi 15 avril 2010

Le potager parle pour moi : la tarte aux carottes roulées façon Passard à la fève tonka, le sorbet carottes-pomme gingembre, et d'autres choses encore

Je... j'suis pas inspirée.

Je vous aurais bien parlé de la joie incommensurable (mais ô combien éphémère) que me procure ma victoire sur le K2 du linge à repasser, réduite à néant au fil de 42 épisodes de Plus belle la vie. Mais comment dire... J'ai pas de tag "Vis ma vie de ménagère", et puis bon voilà quoi.


J'aurais pu m'étonner que la sortie chez Nature & découvertes d'un parfum au yuzu et à la fève tonka crée pas plus le buzz chez les foodistas. Mais j'ai peur que ça n'intéresse qu'une infime partie de mon modeste lectorat, et que ça fasse fuir le reste.
Pour info quand même, on trouve aussi sur le net un savon au yuzu-que-c'est-bon-pour-les-peaux-stressées. N'empêche que le prix a de quoi faire perdre la sérénité: 80€ les 70g. Je vous parle même pas du gommage, qui vaut le prix d'un repas chez Noma. Au fait Cookie, c'est quand que tu nous racontes?!

J'aurais pu encore dégoiser sur la Louise, mais je suis pas encore allée voir le film, ce serait pas très fair-play (et c'est très sexy, le fair-play, paraît).


J'aurais pu vous parler de Passard, qui doit être très inspiré en ce mois d'euphorie dans le potager, mais j'y suis jamais allée... moi. Ni chez Le Bec, ni chez Sulpice, et encore moins chez Redzepi. Cookie c'est quand que tu racoontes? N'empêche qu'ils se sont tous invités chez moi (j'avais rangé la table à repasser et éteint la télé) pour ces petites recettes printanières qui, si elles ne rendent pas disertes, contribuent un peu plus à ce qu'on soit content d'être en avril. C'est déjà ça, comme dirait l'autre, qui nous sort un album autre titre qu'on-dirait-le-début-d'un-article-wiki. J'arrête, j'avais dit que je parlerais pas beaucoup...

Tarte aux carottes façon boutons de rose

L'humeur passardienne, donc. Pour les non-initiés, cet homme il est trop fort avec les fruits et les légumes, même qu'il fait des tartes avec des tranches de pommes roulées en boutons de rose, même que personne il sait comment il fait. A priori, avec les carottes c'est moins galère, mais euh comment dire... un peu, quand même. Si vous vous sentez pas, commencer par la version courgettes de Cookie-c'est-quand-que-tu-racontes?
Il y a aussi un peu de Jean Sulpice, qui lui fait des carottes toutes simples à la fève tonka, avec de l'omble chevalier.

4 feuilles de brick
1 dizaine de carottes
3 CS de ricotta
1/2 citron
huile d'amande douce (ou de pépins de raisin)
fève tonka
sel, poivre

Laver et éplucher les carottes. Faire des tranches les plus longues et les plus fines possibles. Au rasoir à légumes? N'y pensez même pas, j'y ai cassé le mien. Non, avec un bon couteau on se débrouille, sans se couper. Mais en faisant plein de chutes, parce qu'arrivée à la moitié de la carotte, c'est plus trop possible. Mais c'est pas grave, parce que vous pourrez faire d'autres choses avec (voir ci-dessous). Bref, faut le vivre. J'vous jure que ça se passe pas si mal que ça.

Les faire cuire à la vapeur, pas trop longtemps pour qu'elles gardent leur croquant, mais assez pour qu'elles puissent s'enrouler. Un quart d'heure, je dirais. Surveiller.

Mettre les feuilles de brick sur une tôle à tarte, badigeonner d'huile au pinceau, bien aplatir au milieu, faire cuire une dizaine de minutes à 180°C.

Battre la ricotta à la fourchette pour la détendre, ajouter un trait de citron, saler, poivrer. Répartir sur le fond de tarte.

Rouler les tranches de carottes et les planter dans la ricotta. Badigeonner délicatement avec le pinceau huilé, parsemer de fleur de sel et de tonka râpée. Repasser une dizaine de minutes au four.
Vous avez le droit de faire la maligne et de demander un massage à celui ou celle avec laquelle vous la partagez, parce qu'une petite douleur peut survenir au niveau des cervicales, quand même...


Glace pomme-carotte qui va bien

Ma première tentative de glace bonne pour le teint (et moins chère que le savon au yuzu) avait été un échec relatif. Cocotte têtue savait qu'elle n'en resterait pas là. Et devant toutes ces moitiés de carottes, s'est souvenue qu'elle avait une centrifugeuse. Bien lui en a pris: c'est comme ça qu'il faut la faire, la glace à la carotte. Avec du jus.

Du coup pour les proportions, c'est un peu freestyle, avec les carottes plus le jus d'une pomme on était à peu près à 50 cl. J'ai ajouté un peu de gingembre, et ce qu'il restait de la pomme après extraction. Pour le sirop, j'ai fait 60g de sucre/60g d'eau. J'ai ajouté un sachet de stabilisateur et bien laissé prendre au frais avant de passer en sorbetière.
Tip top. Ici avec de la neige de yaourt (un yaourt congelé, gratté à la fourchette), et des miettes de speculoos.

Avec le reste de carottes après extraction, j'ai fait les muffins du Cookie -- c'est quand que tu racoooontes? --. Même si oui, j'aime me perdre dans tes archives...


Crème de courgettes au basilic
Le Bec a bien fait d'aller faire un tour à Naples. Parce qu'il en a rapporté un truc auquel une gourdasse comme moi n'avait pas pensé. Pour ne pas avoir un truc lavasse, il faut presser les courgettes...

2 courgettes
1 branche de basilic
1 gousse d'ail
huile d'olive
sel, poivre

Laver les courgettes, les couper en gros morceaux. Saler, poivrer, faire cuire un peu à la vapeur (une dizaine de minutes). Laisser un peu refroidir, puis presser dans un torchon pour extraire le maximum d'eau. Mixer avec l'ail et le basilic, ajouter un peu d'huile d'olive.

Servir bien frais pour tartiner. Ou planter des radis comme Monsieur Redzepi (lui il fait ça dans de la terre constituée de pain noir et de fromage frais -- Cookie c'est quand que tu racooontes? --. Moi j'ai planté dans le gazon, parce que je trouvais ça joli aussi. Et c'est bon.

Pesto de fanes de radis

Enfin, sur le thème rien ne se perd tout se transforme je suis trop tendance, un pesto de fanes de radis. Les fanes lavées et grossièrement coupées, mixées avec une gousse d'ail, un peu de parmesan, un trait de citron, le tout monté à l'huile d'olive. Puissant.


Ah et si quand même, une petite info: la sortie prévue en septembre dans toutes les bonnes librairies tables d'un magazine qui s'annonce transcendant, allez donc zyeuter .

Et s'il vous reste encore des carottes, y a toujours le carrot cake, ou cette terrine printanière tout en légèreté...
Les courgettes, on peut aussi en faire des carrés à la brousse ou un joli carpaccio maintenant que vous êtes bien entraînée à faire des tranches très très fines...

vendredi 1 janvier 2010

Un oeuf qui se met sur son 31 pour un 69 avec la truffe, et la glace au sésame noir-qu'heureusement-qu'on-s'embrasse-sous-le-gui-après

Et le titre le plus long jamais donné à un billet sur ce blog. Sorry. Pour garder la face avec un semblant de bonne résolution, je promets de m'évertuer à limiter les incises dans ces quelques lignes. Surtout pour conter une histoire aussi torride.

Il y avait donc la vaporeuse Tuber, qui s'était langoureusement fait une place dans le lit de Brie. Maman, compte-rendu dans les commentaires, please.
Mais notre généreuse héroïne ne pouvait uniquement de cet amant dégoulinant se satisfaire. Elle est donc allée s'encanailler en boîte (Tupperweare) avec une bande de neuneus plus habitués à la mère poule qu'à l'amante aux parfums qui enivrent. Mais vibrants (pardon) d'enthousiasme pour cette hôte de quelques nuits. Nos puceaux ont donc sorti le grand jeu pour sceller éternellement cette union (à plusieurs, ouais): un ultime 69 d'une heure
(pour les initiés, j'ai bien droit à une parenthèse avec plein de liens dedans, 65° c'est trop dur -- les non-initiés comprendront ce qu'ils voudront, ou cliqueront). Tuber s'en est presque évanouie de plaisir. Et nous avec.

Mais l'extase gutturale, notre invitée l'a connue avec ça.

Château Fortia, AOC Châteauneuf-du-pape (blanc), 1995. Un heureux sauvetage.
Sinon, en hommage à mon histoire d'amour avec le sésame noir, qui a vu le jour en cette année désormais passée, une petite glace qui n'a pas fait l'unanimité mais généré quelques râles de plaisir.
J'avais pas l'intention de la faire, celle-là, mais maintenant je me sens un peu obligée: bonne année de tous les délices.


Et mes excuses pour ces photos un peu tue-l'amour...

Oeuf confit de plaisir avec sa copine la truffe

Placer le nombre d'oeufs désirés dans une boîte fermée, avec la melanosporum. Résister à ses pulsions voyeuristes quelques jours.
Porter l'eau d'une casserole à 65°C. Y placer les oeufs, se débrouiller pour que la température ne monte pas au-delà des 70°: la plaque électrique au mini mini, ça marche à peu près. Laisser batifoler une heure. Ecailler sans se formaliser si vous perdez un peu de blanc, à n'importe quelle température, dans l'oeuf le blanc c'est pas le plus intéressant. Servir avec des lamelles de truffe.

Glace au sésame noir

Fouetter 3 jaunes d'oeuf avec 110g de sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Faire chauffer 20cl de lait avec 1CS de sésame noir en mélangeant bien. Verser sur le mélange jaunes-sucre, et faire chauffer jusqu'à épaississement. Ajouter 15cl de crème, mélanger, laisser refroidir, passer en sorbetière.

Les petits sablés au yuzu m'ont été inspirés par une recette du Tang book. Later.

jeudi 22 octobre 2009

Fondant à la crème de marrons et glace au potimarron : ça va mieux en le disant

Aucune référence à Françoise Laborde, ça va sans dire (!). C'est juste qu'il y a des expressions, comme ça, que j'ai pas assez utilisées dans mon jeune temps. Pas de raison géographique. Depuis Lille, "j'te dis quoi", et je réponds "ça va" comme à Marseille. Pourtant, n'importe où, ça va mieux en le disant.



1. Que je suis effarée que Garance n'ait pas pris au sérieux ma menace capillaire. J'ai l'air de quoi, moi, maintenant? Non parce que des bouclettes à la Scarlett, je veux bien, mais pas trahir ma mère!

Pour m'avoir mis dans cette situation inconfortablissime (nécessitant une bravitude extrême), tu me dois un pain d'épices.

2. Que je commence à regretter de ne pas t'avoir offert ça plutôt que les gnocchis. La première qui approuve, je lui tire les cheveux.

Pour le fondant
400g de crème de marrons
3 oeufs
1 CS de farine (de châtaigne de préférence, c'est plus classe). Un peu plus selon la version choisie, voir ci-dessous

Pour le sorbet potimarron/cannelle
1 potimarron épépiné et cuit à la vapeur (ou à l'eau, of course)
1/2 litre d'eau
1 bâton de cannelle
125g de sucre (un peu moins si vous ajoutez de la poudre de glucose)
1 sachet de poudre magique, comme
(facultatif)

Le fondant... Version light (photo): mélanger la crème de marrons et les jaunes, battre les blancs et les incorporer, ajouter la farine, environ 2 CS pour que la pâte ne colle pas trop. Répartir dans les moules, attention ne pas trop remplir, ça gonfle copieusement. Enfourner pour une vingtaine de minutes, en surveillant.
Version comme-dans-les-Cévennes: mélanger la crème et les oeufs entiers, ajouter la farine. Une cuillère suffit. Augmenter un peu le temps de cuisson.

Devinez laquelle je préfère...

La glace: Faire un sirop avec l'eau et le sucre et la cannelle. Tourner jusqu'à ce que ça épaississe un peu. Laisser refroidir. Mixer le potimarron, ajouter progressivement le sirop, passer en sorbetière.


Et ben ça va mieux en le disant, je suis fière de cette glace.

Sinon, j'ai découvert en poireautant chez l'ophtalmo que Scarlett Johansson a un frère jumeau, qui ne ressemble à rien.

Ma souris m'a en outre mené vers de nouveaux favoris: la cuisine de Shoko, kawai-issime, Mélopapilles, qui a aussi une histoire avec les cucurbitacées, et Kalice, pro du pandan.
ça va mieux, tiens...

mercredi 29 juillet 2009

Sorbet pêche-menthe ou ma revanche sur Emma de Caunes

Je ne ferai pas la fine bouche: Avignon en juillet, c'est sympa, surtout quand t'es accrédité, ce qui te permet, en sortant d'une grosse bouse, de regarder les autres spectateurs avec compassion: "Et en plus, ils ont payé, les poooovres".
Mais il y a quand même quelques trucs dont il faut faire abstraction:
- les Hollandais qu'on croirait qu'ils sont jamais allés dans un parking et qui te font caler dans la montée,
- les embouteillages de la place de l'Horloge, surtout quand on vit à la hauteur des aisselles de 99% des adultes,
- le gars qui essaie de faire croire qu'il est marionnettiste lui aussi pour te demander un euro tout le long de la rue de la Ré,
- l'overdose de sandwiches soit tellement secs qu'ils te donnent des crampes aux mâchoires, soit qui à la moitié commencent à ressembler à une éponge chypriote imbibée de mayonnaise.
Patrick, Virginie (quand est-ce que tu nous mets des recettes funky sur ce blog?!), Nathalie, dites-leur que c'est vrai!)

Mais il y a pire pour l'ego: les jolies filles bronzées, comédiennes et festivalières confondues, que-ça-se-voit-qu'elles-se-fringuent-pas-dans-ladite-rue-de-la-Ré. Toi, tu zigzagues vers le bureau, la tête dans les fesses, habillée avec des fonds de placard parce que la petite robe avec laquelle tu pourrais les concurrencer, elle est au milieu d'un tas de repassage qui commence à ressembler au Ventoux...
En plus, faut bien l'avouer, t'as vite fait de te sentir une grosse cruche, parce que t'as bien rigolé au Pingouin à la morgue, que t'as pas aimé que Pipo Delbono te hurle dans les oreilles sans que tu puisses lui dire "TA GUEULE!", et qu'à quelques jours de la fin, ben le spectacle que t'as préféré c'était du cirque... (pas n'importe quoi, hein, Tabu c'est pas du pipeau)

Mais le pire, c'est quand ton mec est un des festivaliers à demeure les plus actifs. Monsieur va voir les comédiennes, et la plupart du temps te demande gentiment de venir avec lui: sinon, vous êtes êtes en compagnie l'un de l'autre à peu près deux heures dans la journée (je compte pas les heures de sommeil et celles au bureau hein)... Quand c'est Emmanuelle Devos, qui lui met un vent magistral ça va. Et puis "de toute façon elle a une gueule de cheval et un gros cul" qu'il a dit. Sic.
Quand il s'agit d'Emma de Caunes, pas pareil... Bon, il est d'accord avec moi: un titre comme L'amour de l'art, avec Emma de Caunes, a priori t'es plutôt content d'aller voir ce énième spectacle.
La grosse arnaque: une mauvaise bluette. Pis alors, Emma de Caunes qui essaie de jouer Marylin, c'est pathétique. N'empêche: au bout de cette heure et demie d'ennui, où tu passes ton temps à la regarder et admettre que "putain c'est vrai quand même qu'elle est jolie", tu sais bien qu'il va retourner voir l'attaché de presse pour demander une interview.
Et ben non! Mademoiselle n'en donne plus. Trop fatiguée. Elle sait pas ce qu'elle perd, la bougresse. Moi aussi, Avignon ça me fatigue. Mais le lendemain, j'ai repris mon entreprise de séduction permanente. Parce que ma maman me l'avait bien dit, un homme c'est comme ça qu'on le garde. En plus, j'suis sûre qu'elle sait pas faire des glaces comme ça. Na. mais non!!).

***Sorbet pêche-menthe***

1/2 litre d'eau
110g de sucre
3 ou 4 pêches bien mûres selon leur taille
3 brins de menthe
et toujours la poudre magique si vous êtes adepte

Faire un sirop en mélangeant l'eau et le sucre, ajouter les brins de menthe, porter à ébullition, baisser le feu jusqu'à ce que vous commenciez à sentir que ça épaissit.
Laisser refroidir (important).
Mixer les pêches, ajouter progressivement le sirop après avoir évidemment retiré les brins de menthe (si ça vous amuse, vous pouvez ajouter quelques feuilles fraîches).
Laisser refroidir.
Turbiner.
Papilloner.

PS: si je vous dis que j'ai écrit ce billet pendant qu'il regardait le docu sur Marylin, vous me croyez?