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mardi 26 novembre 2013

Ma semaine avec Rachel Khoo

Je vous avais promis une recette d'automne. Vu que c'est ambiance potée et bottes fourrées un peu partout (oui oui même ici), en bonus un petit flashback.
Le joli mois de mai, ses coquelicots et sa lumière douce.
Une maison dans le Luberon.
La jolie Rachel Khoo.
Son adorable équipe.
Et votre assistante.

Une quarantaine de recettes à shooter pour terminer My Little French Kitchen.

Mon job: faire les courses en version originale, cueillir des coquelicots, tambouiller avec la douce Frankie en écoutant Clap Your Hands Say Yeah et Arcade Fire, filer un max de bons plans provençaux à Rachel, chasser les fourmis tombées en amour pour nos fleurs cristallisées...


Et j'ai beaucoup zieuté.
Les "props" à vous faire tourner la tête de la pétillante Nathalie Redard...

Les prises de vue du grand David Loftus...


Les petits dessins de Rachel partie changer de robe sur la requête de John Hamilton, le directeur artistique...



Plein de talents réunis pour rendre les choses plus belles (même mon vélo!)


On a beaucoup ri en se léchant les doigts et essuyant des assiettes dans un Frenglish pas piqué des hannetons: combien de fois ai-je lancé "c'est pwop, ça?"...

Le temps a passé, j'ai fini tous les restes avec la dinde. Les coquelicots ont fané, j'ai cristallisé tout ce que je pouvais avant que la chaleur ne crame tout. Je me suis remise au lipstick et aux jupes à taille haute, j'ai ressorti les assiettes de la grand-mère.
Et puis l'autre jour dans ma boîte aux lettres...



Avec Rachel sur mon vélo et des plats-que-c'est-moi-qui-les-ai-faits-avec-zèle. (ah la dorure des frites de panisse...)
De la Provence mais aussi du Pays basque, de la Bretagne, de l'Alsace... Avec ce certain regard... with a twist. Enjoy à partir de janvier en version française.
Thank you everyone in Cucuron.


***Tatin de coings***
2 beaux coings
1 pâte feuilletée
vin blanc sec (facultatif)
700g de sucre
1 orange (facultatif)
1 citron
1 gousse de vanille

Retrousser vos manches, couper les extrémités des coings et les peler, les évider, et les couper en quartiers (citronner si vous êtes lentes pour qu'ils ne s'oxydent pas trop). Les plonger dans un bain de 50cl d'eau ou de vin blanc avec 700g de sucre, le jus d'un citron et la gousse de vanille grattée.
Couvrir et cuire à frémissement jusqu'à ce que les fruits soient tendres, les égoutter.
Préchauffer votre four à 180°-200°C.
Couper en quartiers plus fins.
Méthode express: verser un fond du sirop de pochade dans le moule avant de disposer les coings et d'enfourner.
On peut aussi faire un caramel avec du sucre, une lichette de beurre et le jus d'une demi-orange. A la casserole ou dans le moule directement, comme vous voulez.
On place les coings sur le sirop ou le caramel (côté bombé sur le moule) en les serrant tant que possible, on dépose la pâte dessus en rentrant les bords.
Cuire 20 bonnes minutes, jusqu'à ce que la pâte soit bien dorée, démouler assez rapidement à la sortie du four. Si vous tardez, vous pouvez mettre le moule sur la flamme pour décoller tout ça.

Cheers!




mardi 21 février 2012

Beauté intérieure. Cake citron-huile d'argan

Vous l'imaginez, les mois (!) qui se sont écoulés depuis le dernier post ont été pauvres en gommages gourmands, masques envoûtants et autres moments self-centered, hormis un massage embaumant et salvateur.

Mais, on peut prendre soin de soi par voie orale, cf ce cake plein d'acides gras. Je vous ai épargné la liste d'excuses plus ou moins louables pour justifier mon absence sur cette toile, je vous ferai grâce aussi du déguéulé de Google.

Mais je me suis documentée, assez pour vous dire que:

- vous pouvez dire huile d'argan-euh sans passer pour une plouc, là-bas c'est comme ça qu'on dit.

- l'huile d'argan serait exclusivement marocaine: les tentatives de plantation en Turquie et en Israël n'ont rien donné. Ils pourraient mettre l'arganier sur leur drapeau, tiens.

- son goût? noisette grillée, très prononcé, surtout que l'huile traditionnelle a vite fait de rancir et de rappeler délicatement les chèvres qui bouffent les noix.

Moi, j'aime d'autant plus que c'est bon pour l'élasticité de mon épiderme tiraillé par les gouzi-gouzis...

Notez que la recette qui suit fonctionne aussi avec de l'huile d'olive, si vous êtes plutôt ambiance Occitane.



*** Cake citron-huile d'argan (dedicated à toutes celles qui continuent à m'encourager)***
3 oeufs
150g de sucre
200g de farine
1 sachet de levure
140g d'huile d'argan
2 citrons bio

Tamiser la farine, mélanger la levure.
Fouetter les oeufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter le mélange sec, puis l'huile, enfin le zeste d'un citron et le jus des deux.
Enfourner 3/4h à 180°C.

Promis je reviens avant la Fête de la musique...

mardi 18 octobre 2011

Noyée sous les p(e)luches. Petites crèmes de tapioca à la cardamome, bourguignon de joues de cochon


C'est un comble.


De ma (plus si courte) vie, je n'ai jamais produit autant de pluches, avec le zèle que vous pouvez imaginer: coings récalcitrants, topinambours biscornus,
(très) longues courges de Nice...

Sauf que tout passant au mixeur, moi j'ai jamais mangé aussi peu de végétal.



L'abnégation maternelle, vous dis-je...

Sauf pour ces petites crèmes, délicatement régressives. J'ai pas pu m'empêcher de lui en piquer une. Vous pourriez avoir envie d'en faire de même.



*** Petits pots de crème de tapioca à la cardamome***

1 CC de farine de blé

1 CC de farine de tapioca

1 oeuf

50 cl de lait

3 CS de sucre

1 cosse de cardamome



Ouvrir la cosse de cardamome, l'écraser au mortier et la faire infuser dans le lait.

Mélanger les farines, le sucre, puis l'oeuf.

Faire chauffer le lait jusqu'aux premiers frémissements, filtrer hors du feu.

Remettre sur le feu et verser le mélanger oeuf-farine-sucre en une fois, fouetter jusqu'à ce que la crème commence à bien épaissir.

Verser dans des pots à yaourts, laisser prendre non bouchés au frais.




Merci Maman pour l'inspiration...

J'en rajoute bien sûr un peu. L'autre jour, moi et mon économe on a dit f..., les carottes multicolores c'est pour nous. Et hop un petit bourguignon de joues de cochon de familles...

Jeune parent pauvre, la joue de cochon est ton amie: tendre et riante, à peu près le même prix au kilo qu'une boîte de Picot. Point de besoin de mariner: faire dorer, ajouter oignons et lardons, un poil de farine. Un litre de mauvais côtes-du-rhône pour un kilo de joue (on allonge avec un peu d'eau quand même). On laisse blobloter une bonne heure avant d'ajouter les carottes, on remet ça une demi-heure. Et évidemment ça se réchauffe à l'envi(e) soir et midi...


Allez courage, le treizième mois arrive!


jeudi 6 octobre 2011

La cuisine des vacances. Soupe de figues à la verveine.

Les coings chapardés dans le verger d'un château.


Le jambon au presse-ail et les purées de courgettes de pays pour la dinde.


Le namoureux roi de la cuisson du magret.


Les pliages et dépliages du lit parapluie désormais maîtrisés avec grâce.


Les figues en libre service à côté de la piscine.


Les cèpes sur la pizza.




Que c'était doux...




Pour adoucir la rentrée, une jolie soupe fraîche avec les dernières figues varoises.
Sinon, il reste toujours Picard...



*** Soupe de figues à la verveine***





800g de figues





30 cl de Maury (souvenir d'autres vacances, ça doit marcher avec un autre vin doux naturel)





100g de sucre





2 branches de verveine-citronnelle





Laver les figues, les couper en moitiés ou en quarts selon leur taille.





Faire réduire le vin avec le sucre sur feu vif jusqu'à ce qu'il commence à épaissir, verser délicatement les figues, faire cuire à feu doux une petite dizaine de minutes, ajouter la verveine et laisser refroidir avant de mettre au frigo (ça consomme moins et je suis sûre que c'est moins violent pour les figues). Servir bien frais en rêvant des prochaines vacances.

lundi 29 novembre 2010

En goguette. Cakes à gogo: calisson/tomates séchées et matcha/amarena

ça y est, la société a décrété que désormais, je devais me consacrer à couver. Même que j'suis payée pour ça, et qu'on me surveille pas. Trop bien. Merci la dinde.

Pour fêter cette nouvelle ère dont je ne sais même pas quand elle s'arrête, deux cakes, apportés au bureau (c'est dire mon état d'euphorie). Parce que les cheesecakes au tofu soyeux, c'est moyennement pratique avé les doigts.

Mais on peut surprendre quand même, comme ici avec des tomates séchées dans un cake sucré. Les calissons salés du Roy René, présentés au Sial, m'avaient moyennement plu. D'ailleurs, ils étaient quand même vachement sucrés, trop glacés, bref. N'empêche que celui à la tomate séchée avait quelque chose d'intéressant.
D'où ce cake, avec de la crème de calisson, et des tomates séchées. Pas de celles qui trempouillent, non. Des sèches, réhydratées quelques minutes à l'eau bouillante et bien essuyées. C'est comme ça qu'on fait dans cette maison, avant de les mettre dans des pots à cornichons (voyez pourquoi, non?), avec de l'huile d'olive, un trait de vinaigre, l'assaisonnement qu'on veut. Meilleur, et beaucoup plus économique.

Après ce formidable tuyau vous me pardonnerez de ne pas vous livrer de recette précise. A force de jouer à réduire les quantités de beurre et de sucre (applaudissements pour l'affreux siouplé), je me perds. Je vous laisse moduler avec votre base de cake préféré, en ajoutant donc la crème de calisson et les tomates séchées en petits morceaux.

L'autre en revanche j'ai tout bien noté car cette une tuerie. Une recette de Kaori Endo (you know, une Japonaise à Paris... Mum, you can put it on my wishlist) un peu amendée (on se refait pas), avec des cerises amarena dégoulinantes, et du matcha dont on ne se lasse pas. Top avec un genmaicha (j'allais pas apporter le champagne, non plus).

*** Cake matcha-amarena***
150g de sucre
3 oeufs
2 jaunes
250g de farine
1/2 CC de levure chimique
1/2CC de sel
30g de matcha
175g de crème liquide
100g de beurre
amarena à gogo

Préchauffer le four à 180°C.
Mélanger la farine, la levure, le sel, le matcha.
Faire fondre le beurre, ajouter la crème, éteindre le feu.
Battre les oeufs entiers avec les jaunes et le sucre. Incorporer le mélange sec puis la mixture crème-beurre, et enfin les amarena égouttées (le sirop peut servir à d'autres douceurs), mais ça dégoulinera forcément un peu. Enfourner une quarantaine de minutes.



Je me remets d'une mad night parisienne et je reviens très vite avec une petite merveille roussillonnaise...

mardi 16 novembre 2010

Tofu soyeux mon amour: cheesecake gingembre-citron vert anti-pesanteur


La première fois que l'affreux m'a parlé de ce défi, j'ai pouffé dans mes gnocchis. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'on faisait assiettes séparées, mais quand même... "Perdre autant de kilos que j'en prendrai à couver, vraiment, t'es sûr?!!"

C'est pas que j'envisageais alors de devenir une baleine, hein, mais je trouvais ça très ambitieux. Voire présomptueux.




C'était sous-estimer la volonté d'un futur papa qui veut être svelte pour l'arrivée de sa fille, c'était surestimer l'influence de ladite dinde sur ma courbe de poids. Car oui, nous avons presque atteint une balance familiale nulle.


Il faut dire aussi que je collabore très sérieusement, parce que la dinde me pèse déjà assez sur l'avant comme ça. Et puis je m'amuse bien, à augmenter les légumes par ci, réduire le gras par là... et invitant dans notre cuisine des ingrédients que l'affreux n'aurait jamais soupçonnés: purée d'amandes, miso... et bien sûr, la star, le tofu soyeux, qui se glisse élégamment presque partout. Comme dans ce cheesecake voluptueux et guilty free à la fois (oui oui c'est possible). Parce qu'il faudrait pas non plus contrarier mes envies besoins de sucré, non plus...

Déjà qu'à entendre certains:

- elle va tomber toute seule la tête par terre (oui parce que la future mère indigne -- mais éco-responsable -- que je suis court parfois chercher un sac réutilisable).

- elle va naître avec une cirrhose du foie (entendu dans la bouche d'un homme à fort bagage culturel, comme quoi)

- et on lui diagnostiquera Parkinson avant qu'elle rentre au CP parce que sa mère a bu du café malgré l'insistance de la caissière de la cafét' d'Ikea.



Moi, j'ai surtout peur qu'elle soit très snob en petits pots...




*** Cheesecake gingembre citron-vert***



Pour la base: 150g de biscuits au sésame (ceux de Cléa pour moi)



1 lichette de beurre... ou d'huile de sésame!







Pour l'appareil: 400g de tofu soyeux



1 petit suisse



50g de fromage type Saint-Morêt



1 oeuf



2 CS rases de sucre



1 morceau de gingembre (2cm environ)



1 citron vert



kinako (facultatif)






Emietter grossièrement les biscuits, mélanger avec la matière grasse, couvrir le fond d'un moule à charnière en appuyant bien, avec un verre par exemple. Les proportions marchent aussi pour 4 cercles individuels, dans ce cas baisser la cuisson d'un quart d'heure.



Détendre le tofu à la fourchette ou au fouet, incorporer le petit suisse, le saint-morêt, l'oeuf et le sucre. Râper le gingembre, zester le citron vert puis le presser. Ajouter le gingembre et le jus, éventuellement un peu de zestes. Si l'appareil vous paraît vraiment trop liquide, ajouter une cuiller de farine.

Verser délicatement sur la base. Enfourner une heure à 110°C, laisser reposer puis mettre au frais plusieurs heures avant de démouler. On peut servir avec des zestes, saupoudrer un peu de kinako...

On peut aussi préférer celui-ci, à la cardamome. Parfum approuvé l'an dernier.


Sont pas beaux, ces gâteaux de régime?

vendredi 29 octobre 2010

Où l'on s'enganache entre filles: tarte au chocolat, pâte sablée à l'huile d'olive


J'ai un peu peur de pas réussir à tenir un "10 bonnes raisons de vivre à Avignon, gnon", moi.
N'empêche que niveau chocolat, j'en ai déjà trois.


- La proximité avec Tain, le fief du grand manitou Valhrona, qui rend les retours de vacances moins tristes, quand il faut faire de la place entre les chaussures de ski et la tomme de chèvre pour caler quelques kilos de Caraïbes, Guanaja et autres joyeusetés.


- La présence de deux sympathiques femmes chocolat qui compense un peu la distance avec les boîtes vertes de Patrick (et les 12€ de frais de port qui vont avec, ça fait quand même cher la tablette de praliné, même pour assouvir une envie de femme enceinte).




Photos Ange Esposito




J'ai nommé Aline Géhant* et sa complice Laurence. Les deux femmes se sont rencontrées, excusez du peu, à la Maison du chocolat où Aline a officié quatre ans en labo. Laurence, elle, a été traductrice de cours de cuisine au Ritz avant de rejoindre Robert Linxe.


Z'étiez pas bien, les filles, rue du Faubourg St-Honoré? Beh il manquait à Aline son amoureux, enseignant dans la cité papale. Alors la jeune femme décide de descendre dans ce désert sucré, monter sa petite entreprise. Toute seule comme une grande tout d'abord: labo le matin, boutique l'après-midi, six jours et demi sur sept.


Laurence, grande fan de Patrick, l'a rejointe il y a quelques mois pour la vente et les ateliers.

Bon, je dois avouer que ça m'a rappelé des souvenirs de première de la classe... Genre la fille qui fait du zèle quand on lui explique qu'il faut laisser fondre pour faire venir les arômes: "Ouais, paraît même qu'il faut le coller au palais tout en soufflant"... En fait, j'attends toujours qu'on m'apprenne la technique. Mais j'ai révisé mes classiques, goûté du Madong, appris que la ganache était née par accident, une bêtise d'un apprenti ayant fait tomber de la crème dans le chocolat, et s'étant fait traiter de... ganache.
Je suis repartie avec des p'tits pots, et yop la boum des petites tartes.
Paraît qu'on éduque déjà le palais de ses enfants in utero, je prends ça très au sérieux...




*** Tartelettes au chocolat, pâte sablée à l'huile d'olive***
Pour la pâte
120g de sucre en poudre
250g de farine
100g de beurre
25g d'huile d'olive
1 oeuf

Tamiser la farine. Couper le beurre en petits morceaux, le travailler du bout des doigts avec la farine et l'huile jusqu'à former un sable grossier.
Creuser un puits, y mettre l'oeuf et le sucre. Mélanger rapidement. Former une boule, la filmer et hop au frigo au moins une heure.

Pour la ganache (la veille)
300g de crème fleurette
250g de Caraïbes concassé
1 gousse de vanille.

Fendre la gousse, la gratter au-dessus de la crème, faire bouillir, verser sur le chocolat, mélanger au fouet en partant du centre. Laisser reposer au frais (pour éviter les bulles).


Etaler la pâte, foncer les moules (pas trop épais), faire cuire à blanc 1/4h à 180°C. Laisser refroidir.
Réchauffer la ganache, verser sur les fonds de tarte en lissant bien le dessus. Mettre au frais sans rien dessus jusqu'au moment de servir.


Et oui ceux qui suivent, j'avais bien dit trois bonnes raisons chocolat... Lundi, je teste pour vous la Chocolaterie de l'opéra!



Ganache mangue-passion

*AG chocolatier, 15 rue des Trois faucons, Avignon.


mardi 12 octobre 2010

Le billet aux hormones, et une tite tarte figue/calisson sans prétention


Guess what? Les désagréments de la grossesse ne sont pas forcément où on croit (avis aux prétendantes).


Tenez, moi, ma dinde, elle ne m'a jamais fait gaspiller aucun aliment, rendant au contraire totalement guilty free les plus indécents goûters. Les hormones ne me rendent guère plus capricieuse et/ou hystérique que d'habitude (mon entourage est prié de ne pas laisser de commentaires désobligeants, merci). Et jusqu'ici, je trouve ce ramasse-miettes intégré peu encombrant et avec l'aide de ma couturière de mère, finalement plutôt seyant.


Nan, pour moi enceinte, l'enfer, c'est définitivement les autres.
Exemples.


Dans la rue. On pourrait croire que les relous se feraient moins relous, le doute concernant le célibat de Mad'mwazel étant quand même infime. Que nenni. Y en a qui comprendront jamais que les filles ça s'attrape à coups de pique-niques romantiques et de daubes réconfortantes.



Mais y a pas qu'eux. Vous vous souvenez la pub Wonderbra ("Regardez-moi dans les yeux... J'ai dit LES YEUX" ? Ben y a de ça. Sans prétention (t'façon je rentre plus dans mon Wonderbra, niark). Papis cool, déjà mamans, mère-grands, ils matent presque tous les bidons. Pas méchant, non. Mais hautement agaçant.




Au bureau. Les gens, ils parlent, aussi. "T'as pas un peu pris des fesses?" Là, pour le coup, tu te sens un peu comme Amélie Poulain qui rêve d'un souffleur. Au choix: "Ptet bien, vu que je suis enceinte", "Je t'emmerde", "Vu comme je suis pas épaisse, faut bien que je fasse de la place", "Je t'emmerde", "Elle a pris combien, ta femme, déjà?", "Je t'emmerde", "En même temps, t'es pas obligée de les regarder", ou encore "Toi, t'as pas un peu une sale tronche ces derniers temps?" Non mais.




Parfois même, ils veulent te toucher. Là, en général, un bon vieux "OK, mais seulement si je peux te mettre la main aux fesses" fait son effet. Mais t'as pas toujours le temps vu qu'on te demande pas forcément la permission...




A table. C'est là le pire. Les regards noirs comme l'expresso que t'as le malheur de commander, les "toi on te compte pas" sans que t'aies le temps d'ouvrir la bouche quand vient le moment de servir le vin.
Et le pompon, les "han, mais t'as le droit de manger ça?!" et les discours hygiénistes aussi péremptoires qu'ignorants, confondant allègrement listeria et toxoplasmose... Est-ce que je te fais la morale sur le glutamate de tes nems à réchauffer, le monoxyde de carbone de tes clopes, le sel qu'il y a dans tes plats tout prêts et les graisses hydrogénées, l'hygiène de ton kebab, et tes nuggets aux os de poulet, moi?


Et le comble, c'est que c'est même pas la peine de s'énerver, on mettra ça sur le dos des hormones...




Heureusement, y en a un gentil chef qui t'envoie explorer une cave qui a de la bouteille... A la Mirande, juste derrière le Palais des papes, on descend quasiment au niveau du Rhône, dans un ancien puits, où la température est régulée naturellement. Pour l'humidité, les cailloux suffisent, et ça dure depuis le XIVe siècle (ce qui remonte quand même à l'arrivée des papes à Avignon, gnon).


Photos Ange Esposito


Notre guide, un sommelier heureux comme un pape, même si on ne trouve aucune bouteille rescapée des ripailles de la livrée cardinalice. Mais quand même, 6 000 cols, quelque 450 références et pas des moindres (certaines montent jusqu'à 5000€ en salle!), c'est déjà le pied pour cet ancien maître fromager, qui organise des dégustation pour happy few dans cette cave où il fait parfois vieillir des comtés...



Et on a papoté autour de la carafe, sur la plus grande facilité des femmes à exprimer ce qu'elles ressentent, "pourquoi et comment elles aiment", et les papilles en éveil des femmes enceintes... J'ai été obligée de refuser la dégustation: il était neuf heures du matin.


Y en a aussi qui m'envoient du vrai fromage avec du moisi dedans, d'autres qui relaient des études capitales remettant en cause le principe de l'abstinence pour les engrossées.
On m'invite aussi à jauger de formidables accords mets-vins. Val de dieu (Châteauneuf-du-pape)/parfait chocolat au lait et coing confit. Ma dinde et moi, on s'en est pas encore remises.



Sinon, contrairement à ce que vous pourriez croire, en cuisine, c'est pas tant la folie que ça, l'affreux s'étant mis en tête de perdre autant de kilos que j'en prendrai (ou presque). Notre dernier écart, une petite tarte aux figues tout en longueur et douceur. De la pâte (maison ou à étaler, of course), des quartiers de figues congelées, de la crème de calisson. That's all, folks.



Je reviens bientôt avec du chocolat en veux-tu en voilà...

mardi 21 septembre 2010

Septembre, en attendant... Le Portugal, et une mousse toute douce tonka-mascarpone, melon rôti à la fleur d'oranger (big news inside)

Difficile de trouver une brillante accroche pour le billet-marronnier retour de vacances, surtout quand on arrive après tout le monde... Oui, parce qu'on est comme ça, nous. Juillettiste ou aoûtien, ça nous paraît d'un triste... Septembriste, c'est beaucoup plus engagé: comme les vieux, on fuit les niards braillards et le cagnard en trimant tout l'été, c'est beaucoup plus classe. Sauf que notre snobisme rencontrera d'ici 2014 un obstacle de petite taille (mais qui devrait avoir les traits plus doux que Nicolas 1er). Cocotte pondra une petite dinde début 2011.


Donc, en attendant de crouler sous les mazeltov et peut-être exploser le record de commentaires de ce modeste blog*, le Portugal.


Plus jamais à ce mot je ne penserai morue, mais bien plutôt pasteis.

Il y a un avant et un après ces petites choses-là (ça marche pour la ponte aussi, il paraît, je sais, merci). Avant, on lit des choses ça et là. Mais il faut vivre ce moment où on s'enfonce dans ce flan aérien, en même temps que ça croustille sur les côtés (oui, y a des choses qui s'arrangent pas avec les hormones...).

Le porto en revanche, du coup, je peux pas trop vous en parler. Juste que j'ai appris que ce n'était absolument pas du vin cuit, mais du gros rouge additionné de brandy. Les Anglais trouvaient le pinard un peu raide, à l'époque.

Un petit pasteis, pour la peine?
Ce peuple a vraiment la religion de la pastelaria. A mi-chemin entre café et salon de thé, on peut y prendre un espresso ultra-serré au comptoir en allant bosser, ou prendre le goûter entre mamies. Mais toujours avec un pasteis de nata. D'ailleurs on a testé d'autres pâtisseries, c'était très en-deçà.
Comme ces monstrueux faux croissants briochés... Etonnant de la part de gens qui par ailleurs maîtrisent aussi bien la pâte feuilletée...

En revanche, dans la série j'assume-mes-clichés-je-veux-aller-dans-la-carte-postale, j'ai eu droit à mon tramway jaune bringuebalant. Avec des vraies mémés dedans, et des gens qui font semblant de pas voir que tu couves.


Et des chats cabots, comme partout...



... et des tags rigolos


Pour les pasteis, je vous suggère d'aller faire un tour là.
En attendant de les maîtriser, une petite mousse toute douce et légère qui sent encore un peu l'été...





Pour 4 verres:
200g de mascarpone
2 blancs d'oeuf
1 CS de sucre
1 yaourt
fève tonka
1 petit quart de melon
1 CS d'eau de fleurs d'oranger
1 CC de miel

Battre les blancs avec une pincée de sel.

Fouetter le mascarpone avec le sucre, ajouter le yaourt, et râper un peu de fève tonka.

Mélanger délicatement les deux préparations, verser dans des verres et laisser prendre un peu au frais.

Avant de servir, découper quelques fines tranches de melon, les faire rôtir quelques instants de chaque côté à la poêle dans le miel, déglacer avec la fleur d'oranger. Déposer sur la mousse.


* Je prends le risque qu'ils diminuent encore et cède à la tentation de la page Facebook. Z'êtes fan (warf?) Cliquez dans la colonne de droite pour suivre mes élucubrations de plus près...

A part ça, certaines le savent, y a concours. De photo culinaire. Sur le thème du végétal. A gagner, un repas chez Passard, avant que je fasse des petits pots au potimarron...

On a droit à trois propositions, et comme j'arrivais pas à me décider...

La tarte aux carottes façon... Passard, remember.


Les radis plantés dans le pesto de courgettes (même billet très potager)...


... ou en salade girly, avec glace betterave-cranberries.

Wish me good luck!