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mercredi 6 octobre 2010

Back to basics, les petits plaisirs, et des homemade blini

Remember l'éditeur geek et son service de presse bon esprit? Pour mémoire, mon iphone est mon ami mais l'idée que ma dinde me demande la version 12 pour son entrée en sixième me hérisse un poil. Alors, imaginer qu'à mon bon vieux carnet de recettes Clairefontaine et la bible de Mercotte, elle préferera son ipad quand elle se mettra aux macarons, ça me déprime carrément.

Pour me consoler, l'éditeur m'a donc envoyé la bonne vieille version papier qu'on peut regretter (ou pas) de tacher allègrement. Ce qui tombait d'autant mieux qu'un an après tout le monde, j'ai vu "Julie & Julia" (en revanche, je vous l'dis de suite, vous n'irez pas me faire voir l'autre Julia retrouver la patate à coups de plâtrées de pâtes, j'ai quand même 5 saisons de Lost sur le feu. Mais quand même, Sophie, je serais curieuse d'avoir ton regard?)


Pas d'inquiétude, je n'ai nullement l'intention de me lancer dans un projet similaire, genre m'enquiller l'intégralité du Reboul, parce que comment dire... j'ai pas de nausées, mais les escalopes de cervelles en aspic ça me branche moyennement.

Pour celles qui auraient aussi raté le film, il est tiré d'une histoire vraie, celle d'une jeune active Américaine qui se lance dans la réalisation de l'intégralité des recettes de Mastering the art of French cooking, bible culinaire outre-Atlantique, et raconte ses aventures sur son blog.

N'empêche, je me disais qu'avant que la descendance arrive, ce serait pas mal de maîtriser quand même quelques classiques. La pâte à choux évidemment, mais aussi la feuilletée, le baba au rhum, les meringues... A défaut d'un stage chez Angélina, le Petit Larousse pâtissier est parfait pour ça (j'suis qu'une banale cakista, moi, raah). Surtout le petit "Atelier pâtisserie" de la fin, avec les fondamentaux tout en photos, mine de rien bien utiles, surtout en matière de pâte feuilletée, parce que "étaler, plier en trois, laisser reposer, donner un quart de tour, recommencer", mine de rien... Un reproche, quand même: y a pas de ruban marque-page pour noter ses objectifs...

Sinon, dans la série des pas si petits plaisirs qui tombent du ciel, Monsieur Truffe m'a offert deux pots de miel à la melano, dont je vais pouvoir faire autre chose que de les faire dégouliner sur mon fromage de chèvre... Think about it.


Et du côté de ceux qui se paient, la découverte de deux boutiques de cooktoys dans ma drôle de ville. Finalement, le moule à tarte tout en longueur (oui, je referai de la pâte feuilletée), c'est là et pas chez les escrocs brocanteurs du Lub que je l'ai trouvé...

Et maintenant, j'ai un moule à charnière réglable en ligne de mire...

Et last but not least, un autre bouquin que je regarde tous les soirs avant de m'endormir (oui) avec des cours de chocolat comme chez PR. Je passe chez Valhrona et je vous en recause.



En attendant, les blini d'une amie qui sait de quoi elle parle. Une vieillerie comme en atteste les instructions de dégustation, que je ne censure pas même si je ne les suivrai évidemment pas avant quelques mois...



D'abord, pour éviter une abomination auditive qui écorchent les oreilles de tout russisant averti (les dents grincent quand on entend dire "des blinissss") : on dit 1 blin' et des blini (le i est le pluriel en russe).

25g levure de boulanger dans 15 cl de lait
3 oeufs
150 g farine de sarrasin
200 g farine de blé
2 cuillers à café de sucre
60 cl de lait

Mélanger la farine avec le sucre, ajouter la levure, les jaunes d'oeufs (réserver les blancs au frigo) et le lait. le tout doit former une pâte homogène épaisse comme du miel coulant. laisser reposer 3 h dans un lieu un peu chaud.
au dernier moment, battre les blancs en neige et les ajouter à la pâte.

A manger avec des harengs à la crème, aux pommes, aux oignons etc., oeufs durs râpés, crème fraiche et caviar (oeufs de lompe si vous êtes fauchés), saumon fumé (ou gravlax) et aneth, tarama, etc.
Faire passer le tout à la vodka glacée en portant des toasts au Tsar et aux absents. Ne casser que les verres à la santé du Tsar, qui ne doivent pas resservir pour quelqu'un d'autre !
A la fin des bouteilles de vodka, couvrir les restes de blini sous un torchon propre, enrouler les invités dans des couvertures chaudes leur laisser des bouteilles d'eau et aller se coucher avec la dignité qui vous reste (avec une citerne d'eau à portée de main !)




jeudi 12 août 2010

L'été en pente douce... deux shots de fraîcheur pour se maintenir : gaspacho de concombre et cheesecake matcha/citron

Dans mon cher boulot, donc, au mois de juillet, de la culture, on t'en fait bouffer jusqu'à l'écoeurement. Ou l'hystérie.

En août, c'est soudainement la pénurie. Plus d'empotés dans le parking, plus de spectacles de marionnettes à 9h du matin. Plus de mauvaise pizza (au mieux) avant d'aller s'entasser dans un gymnase, plus de soirées à se geler en robe de soirée et couverture polaire parce-que-les-Romains-pensaient-à-tout-mais-pas-au-mistral.

A la place, AOUT. Le non-mois, la terreur des journalistes tout désemparés de pouvoir, un jour de travail, rentrer se faire eux-mêmes une salade de pâtes dont ils ont la totale maîtrise, et la manger devant ce qu'il reste du journal télévisé.

Face à ce néant, y en a qui cherchent des poux dans la tête des petits copains, et on se marre bien.

Y en a d'autres qui en profitent pour mettre la gourmandise au menu de leurs éditions. FRG qui me ferait presque lever le samedi matin. Plus surpenant (ma brosse à dents en a dérapé), le sensuel Inaki, comme ça, (de) bon matin. C'est pas chez Demorand que ça serait arrivé, ça...

Vous imaginez donc bien que je suis de ceux-là. La tournée des boulangeries, la série "la gourmandise du jour", le je-me-suis-cachée-pour-vous-dans-les-cuisines-d'un-grand-resto, c'est pour moi. Ainsi, je tiens le coup.



Mais quand même. Le sevrage était trop brutal. Et alors que je me réhabituais tout doucement à faire cuire des trucs moi-même, on a replongé: pris la voiture sous un soleil de plomb pour aller traîner dans des hangars arlésiens, parce que tu comprends, on n'avait pas tout vu.

Signe que j'étais quand même sur la pente ascendante, on a délaissé Rabanel pour s'aventurer rue des Porcelets (ça s'invente pas), au Gibolin.


Salade de poulpes au fenouil pour l'affreux...





Pressé d'aubergines et poivrons...






Salade de cocos au pistou.



Et malgré mon accoutrement stetson-aviator-canon autour du cou, qui ne laisse en principe qu'une alternative : journaliste et/ou touriste, on m'a demandé, pour la première fois (à part à Deauville, où c'était une question de circonstance, of course) si j'étais DU METIER. Bon, je pense que c'est surtout du à l'étendue du champ lexical employé pour décrire la qualité de la ratatouille, mais quand même, j'en suis encore toute retournée...


A part ça, à Arles, y a une lumière qui écrase tout sauf les gosses...





Mistral qui veille...


Mais surtout, on peut y faire des photos de jolies filles qui prennent des photos de jolies photos...

... dans des friches avec des trucs très certainement mis là exprès pour qu'on les photographie.




Avant que ça ne dégénère, je m'en vais me mettre au vert d'ici quelques jours au pays de la morue (et des pasteis!), après un petit réapprovisionnement en précieuses boîtes vertes.


Je vous laisse avec deux petits shots de fraîcheur.


Gaspacho de concombre


2 concombres


1 grosse CS de chèvre frais


1 gousse d'ail


1 trait de vinaigre


sel, poivre, baies roses


Eplucher les concombres, en vider un (sinon ça fera trop flotte). Mixer avec le reste avec l'ail, le chèvre, le vinaigre. Saler, poivrer. Remettre au frais, parsemer de baies roses. That's all, folks!

Comme un cheesecake matcha-citron

Pas de flemme de base comme dirait l'autre, mais une pénurie de biscuits dignes d'en être, combinée à une envie de légèreté (d'où l'oeuf en moins, aussi) ...

400g de ricotta

1 grosse CS de fromage blanc

1 oeuf

60g de sucre

1 CC de matcha

1 petite CS de lemon curd (Albert Ménès)

Bien essorer la ricotta. La détendre à la fourchette. Ajouter le fromage blanc, le sucre, l'oeuf, en fouettant bien. Prélever une partie et la mélanger dans un bol avec le lemon curd. Ajouter le matcha dans le reste. Verser la préparation verte dans des verres qui explosent pas, ajouter la jaune et faire quelques mouvements de cuiller pour un effet marbré. Enfourner à 180°C pour une grosse demi-heure, en piquant dès que ça gonfle pour éviter l'effet cratère. Laisser reposer un peu, filmer et mettre au frais plusieurs heures.

Se répéter que les vacances arrivent...

samedi 23 janvier 2010

Cheesecake cardamome-grenade et comment j'ai trouvé la bonne conscience éternelle

Il faut croire que j'ai des lectures de vieille. En pyjama dans mon lit, lunettes sur le nez, -- mais pas de tisane à côté, faut pas exagérer non plus --, je commençais à me faire la réflexion à la lecture d'un papier à destination des parents d'ados sur le thème y-a-des-explications-psychologiques-de-haut-vol-à-leur-addiction-aux-séries-vampiresques (pas la brillantissime d'Allan Ball, hein, l'autre...).
Bref, de quoi redonner le moral à
certains qui seraient prêts à faire bouffer de l'ail par cageots à leur progéniture pour qu'elle comprenne enfin qu'il faut débloquer sur le végétarien aux cheveux collés, que personne ne voudrait pour gendre (si?)
Bref, parmi les autres trucs à pardonner aux ados, leurs grasses mat' à n'en plus finir. Oui parce que là, y a même pas besoin de faire intervenir Rufo, y a une explication scientifique, M'sieurs dames : c'est les hormones. Enfin une hormone, la mélatonine. Oui, c'est pas parce qu'ils font la gueule, les ados, qu'ils veulent pas se lever, c'est à cause de
N-acetyl-5-methoxytryptamine.
Donc voilà : si je suis une marmotte qui se demande comment
d'autres ont pu se lever d'aussi bonne heure pendant aussi longtemps -- non parce qu'une fois de temps en temps, j'suis cap' hein, genre pour un lever de soleil sur Angkor par exemple... --, c'est pas ma faute à moi : j'ai pas fini ma puberté. Et comme c'est quand même un petit peu handicapant dans le monde des adultes d'avoir besoin de ses neuf heures quotidiennes, je me renseigne si je peux pas en dealer, comme du sang de vampire, tiens. Insomniaques, me communiquer vos offres.



Le cheesecake, donc. La base est toujours la même depuis que je suis (presque) aussi mordue que Loukoum, avec une petite customisation au niveau de la base, le parfum de la cardamome et la grenade, fraîche et photogénique (trouvez pas?)
Pour la base : 200g de speculoos, avec un peu de pralin
3 cuillères à soupe de beurre fondu
750g de ricotta
120g de sucre
4 œufs
3-4 capsules de cardamome

Ecraser les biscuits, mélanger avec le pralin, ajouter le beurre fondu, placer au fond d'un moule à charnière (ou dans des cercles, à ce moment-là, réduire copieusement le temps de cuisson), bien écraser sur toute la surface à l'aide d'un verre, placer au frais.
Battre la ricotta au fouet pour la détendre, ajouter les oeufs, le sucre et la cardamome écrasée. Verser sur la base, laisser cuire une petite heure à 180°C (beaucoup moins pour des petits, donc). Laisser reposer idéalement 24h, disposer les graines de grenade et servir.

Enjoy;-), comme ils disent à la fin des épisodes.

vendredi 1 janvier 2010

Un oeuf qui se met sur son 31 pour un 69 avec la truffe, et la glace au sésame noir-qu'heureusement-qu'on-s'embrasse-sous-le-gui-après

Et le titre le plus long jamais donné à un billet sur ce blog. Sorry. Pour garder la face avec un semblant de bonne résolution, je promets de m'évertuer à limiter les incises dans ces quelques lignes. Surtout pour conter une histoire aussi torride.

Il y avait donc la vaporeuse Tuber, qui s'était langoureusement fait une place dans le lit de Brie. Maman, compte-rendu dans les commentaires, please.
Mais notre généreuse héroïne ne pouvait uniquement de cet amant dégoulinant se satisfaire. Elle est donc allée s'encanailler en boîte (Tupperweare) avec une bande de neuneus plus habitués à la mère poule qu'à l'amante aux parfums qui enivrent. Mais vibrants (pardon) d'enthousiasme pour cette hôte de quelques nuits. Nos puceaux ont donc sorti le grand jeu pour sceller éternellement cette union (à plusieurs, ouais): un ultime 69 d'une heure
(pour les initiés, j'ai bien droit à une parenthèse avec plein de liens dedans, 65° c'est trop dur -- les non-initiés comprendront ce qu'ils voudront, ou cliqueront). Tuber s'en est presque évanouie de plaisir. Et nous avec.

Mais l'extase gutturale, notre invitée l'a connue avec ça.

Château Fortia, AOC Châteauneuf-du-pape (blanc), 1995. Un heureux sauvetage.
Sinon, en hommage à mon histoire d'amour avec le sésame noir, qui a vu le jour en cette année désormais passée, une petite glace qui n'a pas fait l'unanimité mais généré quelques râles de plaisir.
J'avais pas l'intention de la faire, celle-là, mais maintenant je me sens un peu obligée: bonne année de tous les délices.


Et mes excuses pour ces photos un peu tue-l'amour...

Oeuf confit de plaisir avec sa copine la truffe

Placer le nombre d'oeufs désirés dans une boîte fermée, avec la melanosporum. Résister à ses pulsions voyeuristes quelques jours.
Porter l'eau d'une casserole à 65°C. Y placer les oeufs, se débrouiller pour que la température ne monte pas au-delà des 70°: la plaque électrique au mini mini, ça marche à peu près. Laisser batifoler une heure. Ecailler sans se formaliser si vous perdez un peu de blanc, à n'importe quelle température, dans l'oeuf le blanc c'est pas le plus intéressant. Servir avec des lamelles de truffe.

Glace au sésame noir

Fouetter 3 jaunes d'oeuf avec 110g de sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Faire chauffer 20cl de lait avec 1CS de sésame noir en mélangeant bien. Verser sur le mélange jaunes-sucre, et faire chauffer jusqu'à épaississement. Ajouter 15cl de crème, mélanger, laisser refroidir, passer en sorbetière.

Les petits sablés au yuzu m'ont été inspirés par une recette du Tang book. Later.

vendredi 11 décembre 2009

The (presque) perfect carrot cake et la ville où le cochon est roi


Ceci n'est PAS le carrot cake de Rose Bakery, ni celui de Pierre Hermé, ni de cet excité de Jamie, auxquels je n'ai pas eu l'honneur de goûter. Mon référent en la matière, c'est plutôt celui de la Tate Modern (et ouais...). Celui-ci est inspiré d'Annabel Langbein, la jardinière glamour néo-zélandaise, à l'origine par le passé d'une transformation très heureuse de mes blettes. Son carrot cake que voici est un tout petit peu customisé par mes soins...

Oui parce qu'aussi bizarre que ça puisse paraître à nos amis d'outre-Manche (et Atlantique), il est des petites Frenchies fascinées par ce gâteau potager. Et non, nous autres, on n'a pas ça, comme il m'a fallu l'expliquer il y a quelques jours à un britannique épicurien. Va savoir pourquoi mon gars, mais les cuisses de grenouille que nous sommes, autant ils ont saisi tout, je dis bien tout le potentiel du cochon, autant râper des carottes ailleurs qu'à la cantine, ça leur est pas venu à l'idée...

Comme quoi les temps changent pas tant que ça: le British revendiquerait presque le monopole de la fusion food, mais ne comprend pas qu'au pays du feuilleté on s'extasie sur carrot cake, ginger loaf, cupcakes et autres joyeusetés.

Je ne gloserai pas sur un so-called complexe d'infériorité malgré cet air narquois -- à moins que ce ne soit l'inverse --, d'autant qu'une balade dans la capitale des Gaules met tout le monde d'accord: ici, on se fout pas du cochon, contrairement à d'autres...

Ce culte se manifeste par des nombreux portraits un peu partout comme l'oncle Hô dans le pays qu'avec le Cookie on aime bien.
Au fil des rues et des enseignes, impossible de l'éviter.
Même s'il y a bien un peu de concurrence bovine...
... et aviaire...
... et des tentatives désuètes de déconcentrer l'Anglais en lui faisant penser à son stilton bien-aimé...
... qui ne nous détourneront pas de notre destination: le mausolée à la gloire de l'animal à la queue en tire-bouchon...
Il est même sur les serviettes, que visiblement, on est censés mettre dans sa poche en partant!)
Je vous épargne la photo de mon demi-mètre de boudin, mais je suis tombée en admiration devant mon île flottante aux pralines.

Un peu de légèreté avant la quête du cervelas pistaché qui nous a coûté un bras, même si on s'est retenus face à ça:
... et ça.

Non parce qu'en cochon, on n'est pas très compétent, mais les gâteaux, on aime TROP les faire nous-mêmes. Et puis on s'est copieusement documenté au Books for cooks lyonnais, où on a même contracté des envies de cuisine moléculaire.

La détox, ce sera l'année prochaine. Merry Christmas everyone.

Petits (ou gros, d'ailleurs) carrot cake(s)


20 cl d'huile sans goût
5 cl d'huile de sésame
2 CS de sirop d'érable
4 oeufs
160g de farine complète
160g de farine blanche
2 CC de cannelle
1 CC de gingembre moulu
1 petit morceau de gingembre râpé
1/2 CC de muscade
1/2 CC de girofle écrasé
300 g de carottes fraîchement râpées
2 CC de bicarbonate
1 CS de jus d'orange


Pour le glaçage:
35 g de beurre mou
6 kiri
le jus et le zeste d'1/2 citron
290 g de sucre glace


Préchauffer le four à 160/170°C. Dans un mixeur, placer l'huile, les oeufs, les épices. Pulser. Ajouter la farine, le bicarbonate dissous dans le jus d'orange. Re-pulser. Ajouter les carottes (si si, ça tient!) et re-re-pulser.



Enfourner pour une heure, peut-être un peu moins pour des gâteaux individuels. Mais la cuisson est assez longue, il faut donc avoir recours à la bonne vieille technique de la pointe de couteau.



Laisser reposer. Pour le glaçage, fouetter les kiri pour les détendre (bah oui), ajouter progressivement le sucre glace, le jus et le zeste.



Attendre que le gâteau soit bien froid pour démouler et tartiner du glaçage, et garder dans un endroit pas trop chaud pour que celui-ci tienne bien. Ceci dit, en ce moment...

Sinon, j'ai croisé Le Bec. Et il m'a dit bonjour...

samedi 28 novembre 2009

Parenthèse londonienne avant l'apocalypse et la tartelette qui n'a rien à voir (avec le pudding): matcha-yuzu-poire


On m'aurait donc menti depuis le début. En ne me disant pas -- alors qu'on m'a vite expliqué que le mensonge par omission, c'est le moins difficile mais le pire -- que tout ça avait une fin programmée. Il a fallu la sortie d'un blockbuster pour que je sache que non seulement que Filofax fermerait la boutique dans deux ans, mais surtout que je n'atteindrai jamais l'âge du Christ, et pire, que dans quelques semaines, ce serait mon anté-pénultième anniversaire (à un jour près, f...).
Bon, d'accord, la Nasa a dit que si c'était vrai ils le sauraient, et sur wiki on rappelle surtout que 2012 correspond à la fin de l'ère Sarkozy, ou du moins de la première partie. On l'aurait presque oublié...
Il n'empêche, la très sérieuse France Inter prépare déjà sa programmation musicale pour ce soir de grande écoute en posant cette question délicate à ses auditeurs: quelle est la dernière chanson que vous voudriez entendre?...
J'ai décidé de me laisser le temps de la réflexion, pour savoir si je préférerais me déhancher voluptueusement sur du Scarlett une dernière fois, ou faire un bilan mélancolique sur ma vie mon oeuvre, en me disant que finalement, j'étais une grosse boule de bowling (là si tu cliques pas, tu comprends po, c'est ça qu'est drôle).En attendant, bénissons l'ami irlandais, qui même s'il te soule à 30 000 pieds au-dessus de la terre à te parler dans un franco-pakistanais saturé de ses cartes à gratter alors que tu as du te lever à 4h du matin, te permet de parcourir le monde avant qu'il ne soit plus. Et let's enjoy.

So, by the river, j'ai eu le plaisir de démasquer un cookie qui n'a pas du tout une tronche de cake (comment ça, on te l'a déjà faite?!...). Mais par respect pour son droit à la non-image, vous ne verrez pas de cliché des deux pandan-addicts que nous sommes au milieu des toilettes surréalistes du Sketch...
Oui parce qu'à Londres, on aime les oeufs, et pas qu'au petit-déj', il faut le savoir. Et de toutes les couleurs (chez Harrods, j'en ai même vu des bleus qui se mangent, oui oui)

On s'est aussi payé de jolies tea times, avec les scones qui vont bien...
Je ne suis pas allée au bar à cupcakes mais me suis extasiée devant des petits gâteaux girlissimes...
J'ai hésité devant un panel de tasses kitchissimes mais n'ai pas laissé un penny dans ce temple du mauvais goût...

J'ai trouvé que certains souvenirs avaient un destin bien cruel...

Je suis entrée dans des lieux qui en imposent...

... et à l'intérieur, j'ai du réfréner des pulsions cleptomanes...

J'ai eu des réminiscences inattendues...
Je me suis crue un instant à Marseille...

... dans mon Aube natale...

... ou à Québec (ça c'est pour me la péter moi-j'ai-plein-de-tampons-sur-mon-passeport)

J'ai trouvé certains contrastes saisissants...




Je me suis prise pour Alice au pays des merveilles...
J'ai admiré un écran rouge...

... un amas de cire de Babybel...

... et un mur de briques...

Je me suis vue différemment dans des boules pas de Noël...

... dans un miroir pop...

... et dans les rétros du métro (oui parce que c'est pas très clair cette histoire, à pied on sait toujours pas de quel côté on doit marcher)
J'ai joué à la marelle sur du parquet Keith Haring...
... mais j'ai pas demandé au gardien du musée comment on faisait les bébés.
Et j'ai pas ramené d'auxiliaire pour ma cuisine.
Déjà qu'avec mon mini pot de marmelade dans le sac à main j'ai failli passer pour une terroriste...
Sinon à part ça dans mon jardin je trouve qu'on se prépare plutôt joliment à l'apocalypse.



Et moi j'avais la conviction profonde que mon mec pouvait pas mourir avant de connaître le goût du yuzu, alors j'ai pris les devants.

Tartelettes matcha-poire-yuzu
Pour les non-initiés, matcha=poudre de thé vert; yuzu=mini-pamplemousse japonais. Son jus n'est pas facile à trouver, donc si vous habitez à la campagne comme moi, on trouve tout .


Pour la pâte brisée au matcha:


250g de farine blanche


125g de beurre mou


100g de sucre glace


1 jaune d'oeuf


50g de crème fraîche épaisse


1 pincée de sel


1CS de matcha





Pour la ganache au yuzu


95g d'eau (minérale de préférence)


1CS de jus de yuzu


3/4 de feuille de gélatine


2 oeufs


80g de sucre


110g de beurre mou





+1 belle poire et le zeste d'un citron vert (facultatif)



On commence par la pâte. Placer la farine, le sucre, le sel, le matcha, et le beurre en morceaux dans un cul de poule (ou un grand tupperweare pourri, oui...). Travailler pour obtenir un sable grossier. Ajouter le jaune d'oeuf et la crème. Pétrir jusqu'à former une grosse boule. Envelopper d'un film plastique et laisser reposer au frais.



Pendant ce temps, préparer la ganache. Faire tremper la gélatine dans de l'eau froide. Faire frémir l'eau au bain-marie. Non ce n'est pas absurde puisque vous allez ajouter les oeufs, le sucre, le yuzu, et remuer jusqu'à épaississement. Ajouter la gélatine, laisser tiédir, puis ajouter le beurre en parcelles. Laisser reposer au frais.

Aller se promener.

Etaler la pâte sur une silpat, ou une plaque recouverte de papier sulfurisé. Former des disques à l'aide d'un cercle ou d'un verre en guise d'emporte-pièce. Faire cuire une vingtaine de minutes à 180°C, jusqu'à ce que ce soit cuit, quoi. Attention à ne pas les laisser brunir, c'est moins vert donc moins classe.

Laisser refroidir.

Aller étendre le linge.

Tartiner les cercles avec la ganache, en n'allant pas jusqu'au bord, toujours dans un souci d'esthétique (comment ça, he deviens snob?!), bien lisser.

Répartir des mini-dés de poire, et éventuellement des zestes de citron vert.