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jeudi 12 août 2010

L'été en pente douce... deux shots de fraîcheur pour se maintenir : gaspacho de concombre et cheesecake matcha/citron

Dans mon cher boulot, donc, au mois de juillet, de la culture, on t'en fait bouffer jusqu'à l'écoeurement. Ou l'hystérie.

En août, c'est soudainement la pénurie. Plus d'empotés dans le parking, plus de spectacles de marionnettes à 9h du matin. Plus de mauvaise pizza (au mieux) avant d'aller s'entasser dans un gymnase, plus de soirées à se geler en robe de soirée et couverture polaire parce-que-les-Romains-pensaient-à-tout-mais-pas-au-mistral.

A la place, AOUT. Le non-mois, la terreur des journalistes tout désemparés de pouvoir, un jour de travail, rentrer se faire eux-mêmes une salade de pâtes dont ils ont la totale maîtrise, et la manger devant ce qu'il reste du journal télévisé.

Face à ce néant, y en a qui cherchent des poux dans la tête des petits copains, et on se marre bien.

Y en a d'autres qui en profitent pour mettre la gourmandise au menu de leurs éditions. FRG qui me ferait presque lever le samedi matin. Plus surpenant (ma brosse à dents en a dérapé), le sensuel Inaki, comme ça, (de) bon matin. C'est pas chez Demorand que ça serait arrivé, ça...

Vous imaginez donc bien que je suis de ceux-là. La tournée des boulangeries, la série "la gourmandise du jour", le je-me-suis-cachée-pour-vous-dans-les-cuisines-d'un-grand-resto, c'est pour moi. Ainsi, je tiens le coup.



Mais quand même. Le sevrage était trop brutal. Et alors que je me réhabituais tout doucement à faire cuire des trucs moi-même, on a replongé: pris la voiture sous un soleil de plomb pour aller traîner dans des hangars arlésiens, parce que tu comprends, on n'avait pas tout vu.

Signe que j'étais quand même sur la pente ascendante, on a délaissé Rabanel pour s'aventurer rue des Porcelets (ça s'invente pas), au Gibolin.


Salade de poulpes au fenouil pour l'affreux...





Pressé d'aubergines et poivrons...






Salade de cocos au pistou.



Et malgré mon accoutrement stetson-aviator-canon autour du cou, qui ne laisse en principe qu'une alternative : journaliste et/ou touriste, on m'a demandé, pour la première fois (à part à Deauville, où c'était une question de circonstance, of course) si j'étais DU METIER. Bon, je pense que c'est surtout du à l'étendue du champ lexical employé pour décrire la qualité de la ratatouille, mais quand même, j'en suis encore toute retournée...


A part ça, à Arles, y a une lumière qui écrase tout sauf les gosses...





Mistral qui veille...


Mais surtout, on peut y faire des photos de jolies filles qui prennent des photos de jolies photos...

... dans des friches avec des trucs très certainement mis là exprès pour qu'on les photographie.




Avant que ça ne dégénère, je m'en vais me mettre au vert d'ici quelques jours au pays de la morue (et des pasteis!), après un petit réapprovisionnement en précieuses boîtes vertes.


Je vous laisse avec deux petits shots de fraîcheur.


Gaspacho de concombre


2 concombres


1 grosse CS de chèvre frais


1 gousse d'ail


1 trait de vinaigre


sel, poivre, baies roses


Eplucher les concombres, en vider un (sinon ça fera trop flotte). Mixer avec le reste avec l'ail, le chèvre, le vinaigre. Saler, poivrer. Remettre au frais, parsemer de baies roses. That's all, folks!

Comme un cheesecake matcha-citron

Pas de flemme de base comme dirait l'autre, mais une pénurie de biscuits dignes d'en être, combinée à une envie de légèreté (d'où l'oeuf en moins, aussi) ...

400g de ricotta

1 grosse CS de fromage blanc

1 oeuf

60g de sucre

1 CC de matcha

1 petite CS de lemon curd (Albert Ménès)

Bien essorer la ricotta. La détendre à la fourchette. Ajouter le fromage blanc, le sucre, l'oeuf, en fouettant bien. Prélever une partie et la mélanger dans un bol avec le lemon curd. Ajouter le matcha dans le reste. Verser la préparation verte dans des verres qui explosent pas, ajouter la jaune et faire quelques mouvements de cuiller pour un effet marbré. Enfourner à 180°C pour une grosse demi-heure, en piquant dès que ça gonfle pour éviter l'effet cratère. Laisser reposer un peu, filmer et mettre au frais plusieurs heures.

Se répéter que les vacances arrivent...

mardi 27 avril 2010

Putain, trois ans. Glace betterave-cranberries et salade de radis

(La photo qui n'a rien à voir...)

J'ai encore raté mon anniversaire. Faut être un peu con pour rater pareille occasion d'autocélébration. Ou plutôt de ce double qui m'apporte tant de joie, né il y a trois ans. Sans tambour ni trompette -- je savais pas encore comment mettre de la musique sur son bloug --, sans explication, même. Après des heures passées sur tellement de pages admirables, je voulais juste entrer dans la danse. Sur la pointe des pieds. Juste parce que je pouvais plus profiter de ces délicieux billets sans offrir moi-même mes modestes recettes.

Je pensais pas avoir des commentaires aussi vite, notamment de filles que j'admirais admire tant...

Je ne pensais pas que plus qu'un carnet virtuel de ce que m'a appris ma mère, ça deviendrait la vitrine de mes élucubrations nées d'enrichissantes lectures...

Je pensais pas recevoir des recettes de lectrices dont certaines que j'ai toujours pas expérimentées et publiées, sorry...

Je pensais pas que ça deviendrait l'ultime atout séduction...

Je pensais pas que je m'arracherai les cheveux sur le langage html...

Je pensais pas manger froid des trucs censés être chauds parce que "non attends, celle-là elle est pas terrible, faut que j'en fasse une mieux quand même"...

Je pensais pas envoyer des mails à des inconnus pour leur donner des conseils sur la sauce au caramel...

Je pensais pas embaucher un fidèle pour façonner des gnocchis violets.

Je pensais pas coacher une Parisienne pour trouver des pralines roses...

Je pensais pas faire 16 stations de métro pour faire découvrir le matcha à une amie, tant qu'à faire, façon Aoki...

Je pensais pas chercher à toute vitesse un rayon de soleil dans la maison pour prendre une photo de plat avant de partir bosser.

Je pensais pas recevoir des propositions de partenariat à la mord-moi-le-noeud de vendeurs de tireuse à bière...

Je pensais pas bénir et maudire Facebook dans le même temps. Bénir pour avoir démasqué qui se cachait sous des pseudos rigolos. Maudire pour remplacer les commentaires on-the-bloug par des "j'aime"...

Je pensais pas rougir quand les gens nous regardent avec des yeux de merlan frit au resto parce qu'on a l'objectif qui trempe presque dans l'assiette...

Je pensais pas qu'Apple inventerait une telle merveille qui me permet de raconter des anecdotes de pseudo-geekette, noter discrètement que Saint-Jacques-lapsang-souchong-ça-doit-être-pas-mal-comme-association-faudrait-essayer, et vérifier de n'importe où si j'ai pas de nouveaux commentaires (oui parce qu'on s'en lasse pas, hein... à bon entendeur...)

Je pensais pas aller à Deauville pour m'extasier sur des bols en peau de poisson...

Je pensais pas faire d'aussi chouettes rencontres...

Je pensais pas que je me mettrai à macaronner...

Je pensais pas me gausser devant mes stats en m'apercevant que j'ai un visiteur au Brésil...

Je pensais pas regarder (sur mon iphone) si y a moyen de prendre un vol Ryanair pour aller manger des rouleaux de betterave confite au sureau à Malmö...

Je pensais pas que je m'achèterai un taille-crayons à légumes...

Je pensais pas régulièrement repeindre ma cuisine en vert pandan...

Je pensais pas avoir une étagère qui se déforme sous le poids de mes livres de cuisine...

Je pensais pas que je marronnerai quand les invités ne laissent pas de quoi faire une photo le lendemain...

Je pensais pas corriger des proportions entre deux assemblées générales boulistes...

Je pensais pas que je ferai moins de commandes à La Redoute que chez Nishikidori, et que je trépignerai d'impatience comme une gamine à La Poste avant de déballer sésame noir, jus de yuzu et autres foodisteries...

Je pensais pas regretter de plus habiter Paris et de pas pouvoir manger chez le Frenchie avec mes copines...

Je pensais pas craindre que la voisine me surprenne dans des positions indécentes à faire la mise au point sur des muffins tout chauds...

Je pensais pas faire un jour des photos à peu près dignes et avoir un album flickr.

Je pensais pas écrire sur des post-it une liste de glaces bizarres et faire des blind tests aux copains...

Merci, Cocotte, t'as bien fait de venir.


***Glace betterave/cranberries, salade de radis***

1 betterave cuite
10 cl de sirop de cranberries (y en a chez Ikea, pas besoin d'aller à Malmö)
poivre blanc
1 sachet de stabilisateur
1 botte de radis
vinaigre de riz
huile d'olive
persil
sel, poivre

Pour la glace: passer la betterave à la centrifugeuse, récupérer le jus et la chair mixée fin. Sinon on peut la passer au mixeur, mais j'imagine qu'à ce moment-là il faut augmenger la proportion de liquide.
Diiluer le sirop dans le double d'eau (ou un peu plus), mélanger, poivrer un peu, ajouter le stabilisateur et bien laisser refroidir au frigo. Passer en sorbetière.

Couper les radis en rondelles fines, assaisonner. Répartir dans des coupelles avec une quenelle de glace par-dessus.

Sans Cocotte, je crois pas non plus que j'aurais pris de photos yes mes laitues naissent...


jeudi 15 avril 2010

Le potager parle pour moi : la tarte aux carottes roulées façon Passard à la fève tonka, le sorbet carottes-pomme gingembre, et d'autres choses encore

Je... j'suis pas inspirée.

Je vous aurais bien parlé de la joie incommensurable (mais ô combien éphémère) que me procure ma victoire sur le K2 du linge à repasser, réduite à néant au fil de 42 épisodes de Plus belle la vie. Mais comment dire... J'ai pas de tag "Vis ma vie de ménagère", et puis bon voilà quoi.


J'aurais pu m'étonner que la sortie chez Nature & découvertes d'un parfum au yuzu et à la fève tonka crée pas plus le buzz chez les foodistas. Mais j'ai peur que ça n'intéresse qu'une infime partie de mon modeste lectorat, et que ça fasse fuir le reste.
Pour info quand même, on trouve aussi sur le net un savon au yuzu-que-c'est-bon-pour-les-peaux-stressées. N'empêche que le prix a de quoi faire perdre la sérénité: 80€ les 70g. Je vous parle même pas du gommage, qui vaut le prix d'un repas chez Noma. Au fait Cookie, c'est quand que tu nous racontes?!

J'aurais pu encore dégoiser sur la Louise, mais je suis pas encore allée voir le film, ce serait pas très fair-play (et c'est très sexy, le fair-play, paraît).


J'aurais pu vous parler de Passard, qui doit être très inspiré en ce mois d'euphorie dans le potager, mais j'y suis jamais allée... moi. Ni chez Le Bec, ni chez Sulpice, et encore moins chez Redzepi. Cookie c'est quand que tu racoontes? N'empêche qu'ils se sont tous invités chez moi (j'avais rangé la table à repasser et éteint la télé) pour ces petites recettes printanières qui, si elles ne rendent pas disertes, contribuent un peu plus à ce qu'on soit content d'être en avril. C'est déjà ça, comme dirait l'autre, qui nous sort un album autre titre qu'on-dirait-le-début-d'un-article-wiki. J'arrête, j'avais dit que je parlerais pas beaucoup...

Tarte aux carottes façon boutons de rose

L'humeur passardienne, donc. Pour les non-initiés, cet homme il est trop fort avec les fruits et les légumes, même qu'il fait des tartes avec des tranches de pommes roulées en boutons de rose, même que personne il sait comment il fait. A priori, avec les carottes c'est moins galère, mais euh comment dire... un peu, quand même. Si vous vous sentez pas, commencer par la version courgettes de Cookie-c'est-quand-que-tu-racontes?
Il y a aussi un peu de Jean Sulpice, qui lui fait des carottes toutes simples à la fève tonka, avec de l'omble chevalier.

4 feuilles de brick
1 dizaine de carottes
3 CS de ricotta
1/2 citron
huile d'amande douce (ou de pépins de raisin)
fève tonka
sel, poivre

Laver et éplucher les carottes. Faire des tranches les plus longues et les plus fines possibles. Au rasoir à légumes? N'y pensez même pas, j'y ai cassé le mien. Non, avec un bon couteau on se débrouille, sans se couper. Mais en faisant plein de chutes, parce qu'arrivée à la moitié de la carotte, c'est plus trop possible. Mais c'est pas grave, parce que vous pourrez faire d'autres choses avec (voir ci-dessous). Bref, faut le vivre. J'vous jure que ça se passe pas si mal que ça.

Les faire cuire à la vapeur, pas trop longtemps pour qu'elles gardent leur croquant, mais assez pour qu'elles puissent s'enrouler. Un quart d'heure, je dirais. Surveiller.

Mettre les feuilles de brick sur une tôle à tarte, badigeonner d'huile au pinceau, bien aplatir au milieu, faire cuire une dizaine de minutes à 180°C.

Battre la ricotta à la fourchette pour la détendre, ajouter un trait de citron, saler, poivrer. Répartir sur le fond de tarte.

Rouler les tranches de carottes et les planter dans la ricotta. Badigeonner délicatement avec le pinceau huilé, parsemer de fleur de sel et de tonka râpée. Repasser une dizaine de minutes au four.
Vous avez le droit de faire la maligne et de demander un massage à celui ou celle avec laquelle vous la partagez, parce qu'une petite douleur peut survenir au niveau des cervicales, quand même...


Glace pomme-carotte qui va bien

Ma première tentative de glace bonne pour le teint (et moins chère que le savon au yuzu) avait été un échec relatif. Cocotte têtue savait qu'elle n'en resterait pas là. Et devant toutes ces moitiés de carottes, s'est souvenue qu'elle avait une centrifugeuse. Bien lui en a pris: c'est comme ça qu'il faut la faire, la glace à la carotte. Avec du jus.

Du coup pour les proportions, c'est un peu freestyle, avec les carottes plus le jus d'une pomme on était à peu près à 50 cl. J'ai ajouté un peu de gingembre, et ce qu'il restait de la pomme après extraction. Pour le sirop, j'ai fait 60g de sucre/60g d'eau. J'ai ajouté un sachet de stabilisateur et bien laissé prendre au frais avant de passer en sorbetière.
Tip top. Ici avec de la neige de yaourt (un yaourt congelé, gratté à la fourchette), et des miettes de speculoos.

Avec le reste de carottes après extraction, j'ai fait les muffins du Cookie -- c'est quand que tu racoooontes? --. Même si oui, j'aime me perdre dans tes archives...


Crème de courgettes au basilic
Le Bec a bien fait d'aller faire un tour à Naples. Parce qu'il en a rapporté un truc auquel une gourdasse comme moi n'avait pas pensé. Pour ne pas avoir un truc lavasse, il faut presser les courgettes...

2 courgettes
1 branche de basilic
1 gousse d'ail
huile d'olive
sel, poivre

Laver les courgettes, les couper en gros morceaux. Saler, poivrer, faire cuire un peu à la vapeur (une dizaine de minutes). Laisser un peu refroidir, puis presser dans un torchon pour extraire le maximum d'eau. Mixer avec l'ail et le basilic, ajouter un peu d'huile d'olive.

Servir bien frais pour tartiner. Ou planter des radis comme Monsieur Redzepi (lui il fait ça dans de la terre constituée de pain noir et de fromage frais -- Cookie c'est quand que tu racooontes? --. Moi j'ai planté dans le gazon, parce que je trouvais ça joli aussi. Et c'est bon.

Pesto de fanes de radis

Enfin, sur le thème rien ne se perd tout se transforme je suis trop tendance, un pesto de fanes de radis. Les fanes lavées et grossièrement coupées, mixées avec une gousse d'ail, un peu de parmesan, un trait de citron, le tout monté à l'huile d'olive. Puissant.


Ah et si quand même, une petite info: la sortie prévue en septembre dans toutes les bonnes librairies tables d'un magazine qui s'annonce transcendant, allez donc zyeuter .

Et s'il vous reste encore des carottes, y a toujours le carrot cake, ou cette terrine printanière tout en légèreté...
Les courgettes, on peut aussi en faire des carrés à la brousse ou un joli carpaccio maintenant que vous êtes bien entraînée à faire des tranches très très fines...

lundi 15 mars 2010

Mes coiffeuses et moi, et la tentative gastro d'onze heures moins le quart: butternut, Saint-Jacques, sel au cacao, chips de betterave, citron confit

(Et le grand retour du salé on the blog. Parce que non, je ne mange pas que des panna cottas. Mais comme on dîne à l'heure où tout le monde dort -- notez la blagounette dès la deuxième phrase, ça commence très fort --, il fait un peu noir, et on a trop faim pour transformer le salon en studio photo. Donc les plats sont vite catalogués not bloggables. Je fais une exception, les photos sont un peu indignes, mais le plat était bankable, trust me).

A part ça, je voulais partager avec vous mon problème capillaire (oui, z'avez le droit de titiller la souris pour passer directement à la recette...) Mais ne vous inquiétez pas, c'est pas rapport à ce p... d'épi -- mes parents ont pas parfaitement géré le cocktail génétique, mais je leur en veux pas -- et à cette mèche rebelle qui doit pourtant impérativement couvrir cette p.. de bosse.

Mon problème concerne mes relations humaines délicates avec celles qui s'occupent de ma frange. Non parce qu'autant, la masseuse, c'est clair, tu lui parles pas, c'est pas l'idée. Autant la coiffeuse, en principe, elle parle. Et pas que de l'anatomie de mon front ou des trucs blancs, là, sur les tempes (ça j'ai du mal à en parler). Et ça fait au moins aussi mal à la tête que quand elle tire comme une folle en te faisant un brushing que tu vas tout défaire à peine sortie.

La coiffeuse a toujours été, vous le savez, une météorologue experte (bizarrement, sans jamais s'étendre sur le fait que ce p... de mistral, ça craint pour les cheveux). Aujourd'hui la crise en fait une macroéconomiste difficile à contredire.



Y en a pourtant qui y arrivent. L'affreux m'assure qu'avec lui, elle insiste pas. La méthode consisterait à répondre extrêmement froidement au premier constat météorologique, et la coiffeuse s'arrêterait là. Troquerait ses "ah, c'est dur en cemoment, hein?" contre quelques "un peu plus court là, M'sieur?". Imparable.



Moi, j'sais pas faire ça. Je suis bien embêtée de ne pouvoir invoquer la déformation professionnelle -- les gens ont toujours quelque chose d'intéressant à raconter tout ça tout ça -- pour me justifier. Et je suis bien obligée de reconnaître que là aussi, ça doit être dans mon patrimoine génétique, j'ai une très très grande capacité à causer météo avec des inconnus.


Et faut croire que j'aime ça. Car j'ai fait un étrange constat. Il y a pire qu'une coiffeuse qui ne s'arrête pas: une coiffeuse qui parle pas. Oui, j'ai vécu un grand moment de solitude sous les doigts d'une silencieuse. J'ai essayé la météo, zéro. La cuisine, avec mon Régal sur les genoux. Que nenni.


Nouveau marketing Biguine: oubliez tout ce que vous appris au Centre de formation aux conversations inintéressantes (cf Boulet). N'emmerdez pas les clients. Même s'ils essaient.


J'ai changé de salon. Raconté la glauquitude de ma dernière coupe à la brunette, sidérée. On a disserté sur la structure de nos franges respectives (j'adoore intellectualiser sur ce genre de trucs). Parlé de plein d'autres trucs vachement intéressants que je tairai ici. Savez, un peu comme les gens sympas dans le train. Tu peux leur raconter ta vie parce que tu les reverras jamais. Donc faut que je rechange la prochaine fois. C'est con, elle avait bien bossé, j'avais pas du tout l'air d'une pute à frange.



Alors, dans ces assiettes, y avait bien tout ce qui figure dans le titre, même si ça se voit pas sur la photo. J'ai évidemment pas tout fait d'un coup, je vous laisse vous organiser et gérer les proportions, sachant que ça peut faire plat principal ou entrée...



Chips de betterave



Eplucher une betterave crue, taillez comme vous pouvez des tranches fines avec un rasoir à légumes, ou avec votre mixeur, si vous avez une fonction pour ça. Les disposer sur du sopalin sans qu'elles se chevauchent (c'est important), en mettre un autre par-dessus et presser pour bien les essuyer. Les passer dans la farine et bien secouer pour qu'il n'y ait pas de résidus. Faire frire dans la friteuse ou à la poêle dans beaucoup d'huile bien chaude. Réserver sur un sopalin. J'ai pas salé, et j'ai pas franchement regretté.



Butternut



Elle figurait sous deux formes. En crème (sans crème, btw) et en tranches presque crues revenues dans de l'huile de sésame. Pas très intéressant à part pour le contraste des textures. Sinon, pour la crème, c'est comme dans la chicissime assiette de légumes du Cookie: cuit à la vapeur, salé poivré, écrasé à la fourchette, allongé avec un peu d'eau.

Saint-Jacques au sel & cacao

Les Saint-Jacques sont juste rôties dans une poêle avec un poil (warf d'huile d'olive), disposées sur la butternut bien chaude et saupoudrées d'un mélange de fleur de sel (au besoin un peu écrasée au mortier), et de cacao. Ici, des copeaux de bâtons kako martiniquais, sinon je pense qu'avec du cacao amer en poudre ça le fait tout à fait. Grave. J'avais vu ça chez Trish je crois. Sur les Saint-Jacques, ça fonctionne à merveille. Truly, madly...

Pour le reste, j'ai tenté un caramel avec l'eau de cuisson de la betterave, mais je peux pas en parler, je l'ai fait cramer.

Et si comme moi vous avez une belle-mère sur la Côte et des bocaux de citrons confits (au sel) à gogo, allez-y.

By the way, j'allais oublier une information de la plus haute importance. J'ai vaincu la pâte à choux. Mon nouvel ennemi, le fondant.

Et sinon, entendu à Deauville sur les télés retransmettant des images de Paris des chefs, William Ledeuil m'avait mis la puce à l'oreille avec son aïoli au gingembre. Je l'ai fait faire à un intégriste, c'est top mais c'est le nouveau sujet de désaccord après le yuzu.

Et dernière chose: cette photo a été prise dans le Sud de la France, le 10 mars 2010. Y a plus d'saison ma pov'dame, les coiffeuses ont raison...

vendredi 11 décembre 2009

The (presque) perfect carrot cake et la ville où le cochon est roi


Ceci n'est PAS le carrot cake de Rose Bakery, ni celui de Pierre Hermé, ni de cet excité de Jamie, auxquels je n'ai pas eu l'honneur de goûter. Mon référent en la matière, c'est plutôt celui de la Tate Modern (et ouais...). Celui-ci est inspiré d'Annabel Langbein, la jardinière glamour néo-zélandaise, à l'origine par le passé d'une transformation très heureuse de mes blettes. Son carrot cake que voici est un tout petit peu customisé par mes soins...

Oui parce qu'aussi bizarre que ça puisse paraître à nos amis d'outre-Manche (et Atlantique), il est des petites Frenchies fascinées par ce gâteau potager. Et non, nous autres, on n'a pas ça, comme il m'a fallu l'expliquer il y a quelques jours à un britannique épicurien. Va savoir pourquoi mon gars, mais les cuisses de grenouille que nous sommes, autant ils ont saisi tout, je dis bien tout le potentiel du cochon, autant râper des carottes ailleurs qu'à la cantine, ça leur est pas venu à l'idée...

Comme quoi les temps changent pas tant que ça: le British revendiquerait presque le monopole de la fusion food, mais ne comprend pas qu'au pays du feuilleté on s'extasie sur carrot cake, ginger loaf, cupcakes et autres joyeusetés.

Je ne gloserai pas sur un so-called complexe d'infériorité malgré cet air narquois -- à moins que ce ne soit l'inverse --, d'autant qu'une balade dans la capitale des Gaules met tout le monde d'accord: ici, on se fout pas du cochon, contrairement à d'autres...

Ce culte se manifeste par des nombreux portraits un peu partout comme l'oncle Hô dans le pays qu'avec le Cookie on aime bien.
Au fil des rues et des enseignes, impossible de l'éviter.
Même s'il y a bien un peu de concurrence bovine...
... et aviaire...
... et des tentatives désuètes de déconcentrer l'Anglais en lui faisant penser à son stilton bien-aimé...
... qui ne nous détourneront pas de notre destination: le mausolée à la gloire de l'animal à la queue en tire-bouchon...
Il est même sur les serviettes, que visiblement, on est censés mettre dans sa poche en partant!)
Je vous épargne la photo de mon demi-mètre de boudin, mais je suis tombée en admiration devant mon île flottante aux pralines.

Un peu de légèreté avant la quête du cervelas pistaché qui nous a coûté un bras, même si on s'est retenus face à ça:
... et ça.

Non parce qu'en cochon, on n'est pas très compétent, mais les gâteaux, on aime TROP les faire nous-mêmes. Et puis on s'est copieusement documenté au Books for cooks lyonnais, où on a même contracté des envies de cuisine moléculaire.

La détox, ce sera l'année prochaine. Merry Christmas everyone.

Petits (ou gros, d'ailleurs) carrot cake(s)


20 cl d'huile sans goût
5 cl d'huile de sésame
2 CS de sirop d'érable
4 oeufs
160g de farine complète
160g de farine blanche
2 CC de cannelle
1 CC de gingembre moulu
1 petit morceau de gingembre râpé
1/2 CC de muscade
1/2 CC de girofle écrasé
300 g de carottes fraîchement râpées
2 CC de bicarbonate
1 CS de jus d'orange


Pour le glaçage:
35 g de beurre mou
6 kiri
le jus et le zeste d'1/2 citron
290 g de sucre glace


Préchauffer le four à 160/170°C. Dans un mixeur, placer l'huile, les oeufs, les épices. Pulser. Ajouter la farine, le bicarbonate dissous dans le jus d'orange. Re-pulser. Ajouter les carottes (si si, ça tient!) et re-re-pulser.



Enfourner pour une heure, peut-être un peu moins pour des gâteaux individuels. Mais la cuisson est assez longue, il faut donc avoir recours à la bonne vieille technique de la pointe de couteau.



Laisser reposer. Pour le glaçage, fouetter les kiri pour les détendre (bah oui), ajouter progressivement le sucre glace, le jus et le zeste.



Attendre que le gâteau soit bien froid pour démouler et tartiner du glaçage, et garder dans un endroit pas trop chaud pour que celui-ci tienne bien. Ceci dit, en ce moment...

Sinon, j'ai croisé Le Bec. Et il m'a dit bonjour...

jeudi 22 octobre 2009

Fondant à la crème de marrons et glace au potimarron : ça va mieux en le disant

Aucune référence à Françoise Laborde, ça va sans dire (!). C'est juste qu'il y a des expressions, comme ça, que j'ai pas assez utilisées dans mon jeune temps. Pas de raison géographique. Depuis Lille, "j'te dis quoi", et je réponds "ça va" comme à Marseille. Pourtant, n'importe où, ça va mieux en le disant.



1. Que je suis effarée que Garance n'ait pas pris au sérieux ma menace capillaire. J'ai l'air de quoi, moi, maintenant? Non parce que des bouclettes à la Scarlett, je veux bien, mais pas trahir ma mère!

Pour m'avoir mis dans cette situation inconfortablissime (nécessitant une bravitude extrême), tu me dois un pain d'épices.

2. Que je commence à regretter de ne pas t'avoir offert ça plutôt que les gnocchis. La première qui approuve, je lui tire les cheveux.

Pour le fondant
400g de crème de marrons
3 oeufs
1 CS de farine (de châtaigne de préférence, c'est plus classe). Un peu plus selon la version choisie, voir ci-dessous

Pour le sorbet potimarron/cannelle
1 potimarron épépiné et cuit à la vapeur (ou à l'eau, of course)
1/2 litre d'eau
1 bâton de cannelle
125g de sucre (un peu moins si vous ajoutez de la poudre de glucose)
1 sachet de poudre magique, comme
(facultatif)

Le fondant... Version light (photo): mélanger la crème de marrons et les jaunes, battre les blancs et les incorporer, ajouter la farine, environ 2 CS pour que la pâte ne colle pas trop. Répartir dans les moules, attention ne pas trop remplir, ça gonfle copieusement. Enfourner pour une vingtaine de minutes, en surveillant.
Version comme-dans-les-Cévennes: mélanger la crème et les oeufs entiers, ajouter la farine. Une cuillère suffit. Augmenter un peu le temps de cuisson.

Devinez laquelle je préfère...

La glace: Faire un sirop avec l'eau et le sucre et la cannelle. Tourner jusqu'à ce que ça épaississe un peu. Laisser refroidir. Mixer le potimarron, ajouter progressivement le sirop, passer en sorbetière.


Et ben ça va mieux en le disant, je suis fière de cette glace.

Sinon, j'ai découvert en poireautant chez l'ophtalmo que Scarlett Johansson a un frère jumeau, qui ne ressemble à rien.

Ma souris m'a en outre mené vers de nouveaux favoris: la cuisine de Shoko, kawai-issime, Mélopapilles, qui a aussi une histoire avec les cucurbitacées, et Kalice, pro du pandan.
ça va mieux, tiens...

mardi 12 mai 2009

Cuisine du potager : feuilleté de blettes à la grecque

Après en avoir fait bisquer une (comment, ce blog n'a pas été rebaptisé ni réactualisé?!) avec cette divine entrée à l'oeil, je m'apprête à en rendre jalouse une autre. Parce que vrai de vrai, cueillir, éplucher et cuisiner dans la foulée, c'est un peu le luxe... Dimanche c'était donc opération blettes. Elles sont pas belles, avec leurs côtes rouges? ça ferait presque regretter de les couper, mais comme c'était pour faire de la place aux tomates...


Je me suis inspirée d'une pro du genre, j'ai nommé Annabel Langbein. Cette Néo-Zélandaise cuisine les produits de son jardin au fil des saisons. Une cuisine simple, métissée et très colorée.

2 CS d'huile d'olive
1 gros oignon haché
1 botte de blettes débarrassées des côtes, lavées et coupées en pitits morceaux
1 oeuf battu avec une pointe de sel
200g de ricotta
100g de feta, préalablement (c'est important) écrasée à la fourchette
50g de parmesan râpé
1 paquet de feuilles de filo (ça doit être moins galère que les bricks que j'ai vaillamment utilisées)
1 citron, pour le zeste
de la coriandre ciselée
du beurre fondu
sel, poivre, muscade

Préchauffer le four à 180°C.
Faire chauffer l'huile dans une grande sauteuse, faire revenir l'oignon à feu doux, jusqu'à ce qu'il ramollisse.
Ajouter les blettes et faire cuire jusqu'à ce que la sauteuse soit "sèche".
Retirer du feu et mélanger avec l'oeuf, la ricotta, la feta, le parmesan, la coriandre, la muscade.
Saler, poivrer.
Faire de la place sur un plan de travail tout en longueur.
Placer les feuilles en quinconce en vous démerdant comme vous pouvez pour obtenir un long rectangle, en beurrant au pinceau les bandes de contact.
Disposer la farce au centre, sur presque toute la longueur.
Refermer et rouler pour obtenir un long boudin, et beurrer les bords pour refermer.
Transformer le boudin en escargot, le mettre au four pour 3/4h, jusqu'à ce qu'il paraisse bien doré et croustillant.

Le bon moyen pour faire manger des blettes aux plus rétifs!

vendredi 27 mars 2009

Poivrons confits à l'ail parce qu'on dirait que cette fois ça y est

Je sais, c'est pas encore la saison des poivrons... des fraises non plus, d'ailleurs. Pour vous rassurer, cette photo date de l'année dernière, et a pris place dans LE livre , au chapitre "C'est tout con mais c'est trop bon". CQFD.

6 beaux poivrons rouges
ail
huile d'olive
vinaigre
sel
poivre

Ouvrir les poivrons et ôter les graines.
Les enduire légèrement d'huile et les placer, si possible sans qu'ils se chevauchent (bah ouais, ça a besoin de son espace vital un poivron), sur le lèche-frites de votre four.
Faire griller une bonne demi-heure.
Laisser refroidir dans un sac plastique, ça aide à leur ôter la peau.
Les placer dans un tian, coupés en lanières...ou pas, selon votre goût.
Presser 2-3 gousses d'ail et les disperser.
Recouvrir d'huile, ajouter une petite CS de vinaigre.
Saler, poivrer, remeur.
Laisser reposer au frais, quelques heures, voire quelques jours, c'est encore meilleur....

lundi 9 février 2009

Les lasagnes de la survie (chèvre, saumon, épinards)

L'avantage, quand tu rentres du boulot tard et ton homme encore plus, c'est qu'avec un peu de courage tu peux faire des plats qui demandent un peu de temps (sauf la daube, évidemment, faut pas déconner quand même). Et ainsi, quand il rentre enfin, voir dans ses yeux fatigués une petite lueur, pendant que Taddei et ses amis en sont déjà à refaire le monde...

Lasagnes saumon chèvre épinards
Proportions très indicatives, soyez indulgents merci
Feuilles de lasagne
1 sachets d'épinards surgelés, ou un bon sac d'épinards frais cuits à la vapeur
1 plaque de saumon fumé
1 bûche de chèvre
1 petite brique de crème fraîche
fromage de votre choix pour le dessus
1 peu d'huile d'olive, de quoi faire une petite béchamel

Préchauffer le four à 180°C.
Badigeonner le fond du plat au pinceau avec un peu d'huile d'olive.
Déposer une feuille de lasagne, une couche d'épinards, quelques morceaux de saumon et rondelles de chèvre. Poivrer, verser un filet de crème liquide.
Recommencer jusqu'à épuisement des ingrédients...ou débordement du plat, c'est selon.
Sur la dernière, verser la béchamel et le fromage, s'il vous reste du chèvre c'est bien, enfourner.
NB: Ce n'est pas la peine de trop charger en crème et en béchamel, les épinards rendant pas mal d'eau, vous n'aurez pas trop de problèmes de cuisson de la pâte.

lundi 26 mai 2008

Eventail de carpaccio de courgettes et sa chiffonnade de saumon gravlax

Recette (un tout piti peu) adaptée de l'ouverture de ce livre:


Où l'on apprend (bah oui, moi je savais pas...) que Carpaccio, à la base, c'est un peintre italien. Vrai de vrai, quand on tape juste "carpaccio" sur Amazon, on ne trouve pas tout de suite la petite merveille qui nous intéresse ici... Donc le lien direct, le voilou.


Donc, Carpaccio, un peintre vénitien. Mais en fait, c'est pas son vrai nom, donc le plat aurait aussi bien pu s'appeller Scarpazza, ça le fait aussi, remarquez...



Bref, Venise, 1950. La ville célèbre son peintre, qui, détail d'importance, utilisait beaucoup le rouge. Au Harry's bar, le chef reçoit une emmerdeuse de comtesse dont le régime interdit la viande cuite. La saga du boeuf cru commence là.



Mais vous imaginez bien que le bouquin offre de nombreuses déclinaisons. Légumes (carottes, cury et coriandre; fenouil et sa sauce aux poivrons...), poissons (dorade, citron et piment vert; maquereaux et gingembre...), viandes mais pas forcément celles auxquelles on pense (canard à la réglisse; poulet au macis...), et fruits (bananes, jus de citron et combava; fraises au granité vodka cassis). Le petit chapitre de méthode au début vaut surtout pour la viande et le poisson, mais semble précieux. Les photos sont très graphiques, très modernes. ça donne envie de mettre en scène son assiette, même si certaines idées sont moins riches que d'autres (l'aubergine, franchement, ça le fait pas trop). Et puis allez savoir pourquoi, quand c'est cru en tranches fines on en mange moins, alors c'est tout bénef!





Carpaccio de courgettes, huile citronnée au wasabi

Pour 4

6 courgettes (ça fait beaucoup)

1CC de mirin (vinaigre de riz)

1/2 CC de wasabi

5CS d'huile d'olive

1 jaune d'oeuf

le jus d'1/2 citron jaune

1 pincée de sésame noir (blanc chez moi)

Nettoyer et trancher les courgettes dans le sens de la longueur, en faisant des lamelles les plus fines possibles. Etaler (sans vous prendre la tête) sur un grand plat, les saler légèrement, ce qui les rendra plus tendres. Laisser mariner 5 à 10 min à température ambiante, selon votre envie de croquant.

Pendant ce temps, préparer dans un bol l'assaisonnement avec le mirin, le wasabi, l'huile, le jaune d'oeuf, le sel et le poivre. Réserver.

Eponger les courgettes avec du papier absorbant, et les sur les assiettes de service. Arroser de la vinaigrette.

Juste avant de servir, parsemer de sésame.

Pour en faire une assiette complète, j'ai ajouté du saumon gravlax, l'association fonctionne très bien.